Dimanche 6 juin
Journée calme. Boulot le matin, puis balade sur la plage avec Sandra et Abel, ce dernier s’amusant à (tenter) d’attraper des crabes. Puis, passage sur Internet. Le soir, soirée et dîner « en famille » avec Abel et Sandra : nous préparons tous les 4 des spaghetti-oignons-sauce tomate-bouillon et film « Transformers » pour bien finir la journée !!!
Lundi 7 juin
Carole : Je passe la matinée au RBC 5, en participant aux ateliers des enfants. Je suis particulièrement Marc (encastrements, jeu de ballon tour de rôle et parole), Cyprien (encastrement), et Daryl (encastrement, comptines et bain de langage). Et puis, je danse avec Ireti, Séverin et Cyp ! Les chants d’ici sont un vrai bonheur. L’aprem est consacré à la finition de certaines planches de déno, à la lessive et au grand ménage de la chambre !
Mathilde : Matinée au RBC Cotonou 2, où je leur présente mon jeu de désignation/dénomination/appariement : les images sont des objets du quotidien (bouteille, télé, porte, crayon…), qui peuvent être associées par 2 avec un ou 2 distracteurs possibles (ex : 1 crayon/1 ardoise et 1 cahier/ la craie peut aussi être présentée). De plus, l’usage ces objets peut être mimé (boire, manger, téléphoner, ouvrir une porte…). Enfin, les images sont épinglées sur un fil à hauteur de la tête pour inciter l’enfant (IMC surtout) à attraper lui-même les images. Malheureusement, Oratio que j’avais vu la dernière fois et pour qui j’avais fait ce matériel n’est pas venu. Caroline l’a testé avec François, un jeune IMC qu’elle rencontrait pour la première fois. Chez les petits, j’ai pris en charge Ismaël, toujours aussi souriant, en commençant par une séance de bisous avec sa maman et quelques vocalisations (ma/pa/da). Puis stimulations oro-faciales et chansons à gestes pour travailler sa tenue de tête et son redressement. Puis je rencontre Hospice, un enfant hydrocéphale et hypotone et sa maman. Stimulations oro-faciales et chansons à gestes. Puis nous faisons un petit jeu de balle avec Roc, suivi par Caroline, avec une balle à pic pour stimuler les membres. Ensuite, nous nous réunissons avec quelques jeunes enfants pour faire un jeu de groupe : 3 couleurs de legos (rouge, vert, jaune) et chaque enfant prend 1 lego et l’apparie avec le bon lego. Les différents enfants réussissent tous le jeu avec un grand plaisir (certains même n’hésite pas à aider les autres). Puis Caroline propose un jeu sur les cris d’animaux auquel tout le monde participe joyeusement, même les dadas ! Nous avons aussi apporté un autre jeu qu’a créé Caroline : une planche en 5 exemplaires sur lesquelles sont dessinés divers objets (robes, bouteilles, colliers, claquettes…) de taille et de couleurs différentes afin de travailler l’attention visuelle et auditive, la mémoire auditivo-verbale, la dénomination et la désignation… en demandant à l’enfant « Montre moi la bouteille jaune », « Montre moi le grand collier rouge », « Montre moi toutes les grandes bouteilles », « Montre moi tout ce qui est bleu ». Nous remplissons les dossiers et nous « demandons à partir », vers 13h ! Or le midi est court car je dois être à 14h chez Edith. En plus, sur la route, le zem passe dans une « piscine » : je n’ai jamais vu une flaque aussi grande et aussi profonde ! Résultat je me change en quatrième vitesse, prend le sandwich qu’a acheté Carole et repart pour le cabinet, où je vois : - Lina, avec qui je reprends la notion il/elle non acquise et les histoires en images - William, celui présentant des troubles du comportement, qui n’est pas du tout perturbé par le changement de personne ni par celui de la disposition des meubles dans le bureau. Je joue avec lui à Anima’dire Anima’lire et aux histoires en image qu’il maîtrise bien. Edith prend en charge Sarah, qui ne réussit pas à différencier dans son articulation [s], [z], [ ʃ ] et [ ʒ ]. William et Imad ne viennent pas. Le soir, Carole et moi avons noté le MT86 (dur dur !).
Mardi 8 Juin
Comme tous les mardis, matinée à la Chrysalide.
Carole : Edith : nous commençons pas un petit jeu d’encastrement-puzzle, bien réussi. Edith a de bonnes stratégies de recherche. Puis, c’est le temps de la déno, en fon je le rappelle, sur les animaux, et les moyens de transport. Nous essayons le domino des images que j’ai créé, mais Edith ne comprend pas, qu’importe, c’est l’occasion de réviser les fruits. Après l’apprentissage des couleurs (livre et fiche), nous reprenons la fiche du schéma corporel, Edith se souvient bien, ça lui plait de montrer sur soi, en reconnaissant l’image présentée !
Olivia : introduction par le rythme, elle reprend bien la structure double. Puis, graphisme : des progrès ! amélioration des traits verticaux entre des lignes de départ et d’arrêt du geste , et tracé plus précis du contour de la main. Avec modèle visuo-cinétique, et kinesthésique, dessin d’un arbre… réussi ! Ensuite, apprentissage du jeu de domino des images, avec bain de vocabulaire. Comme d’ordinaire, Olivia est très attirée par les images. Spontanément, elle fait des associations sémantiques (table-chaise) ! Peu à peu, elle comprend ce que je recherche dans le « domino », et désigne elle-même les deux parties identiques. Récréation avec le jeu de bulles. Ensuite, nous attaquons les PBF devant miroir : c’est elle qui initie les « grimaces ». Super ! Puis, DNP : Olivia ne cesse de m’étonner aujourd’hui (plus grande confiance en moi, comme en témoignent ses regards que j’accroche enfin ?) : elle produit /pa/ -/pi/-/po/-/pu/ et les syllabes doublées associées telles que /pipo/ - /papu/, etc. puis /t/ - /ta/ -/ti/ -/to/… et /ch/…. Qui se transforme en /s/…. Et même /si/ ! Et un /l/ qui se devine… Essai de mots à partir de l’éternelle comptine « tap’tap ‘ » : papillon, poisson… Donc, comptine, où Olivia aime reprendre les gestes, qu’elle refera même à la poupée, sur mon incitation ! Ce qui entraîne un peu de jeu symbolique… (bébé a faim, on lui donne à manger ? bébé veut dormir, on le berce ?). Puis, re-comptine en DNP, et comptine en suivant les images correspondantes (mains, moulin, poisson, papillon). Je m’apprête à arrêter cette grosse séance, mais Prince arrive qui veut regarder le livre des couleurs, alors allons-y… ah, et un peu d’encastrement aussi ? ok !
Mathilde : - Gloria, toujours aussi impliquée dans les séances, avec qui je retravaille les praxies (j’ai apporté un « guide-langue » mais sa langue ne se laisse pas faire !) et je lui fais des massages sur la langue pour la tonifier notamment sur les côtés. Puis exercices d’articulation du k/g en s’aidant d’une main poser sur la gorge. Enfin, exercice de discrimination auditive sur les sons k/g (difficle). - Quentin, avec qui je reprends les exercices de lecture avec la méthode Borel-Maisonny ; il s’aide beaucoup du geste du /ch/, et sa lecture reste phonémique (f…a). Il ne réussit pas à produire le son [z], alors je lui propose un travail de praxies linguales devant le miroir, et de prononciation /zi/, /zé/ puis /zo/ (+ dur mais le réussit parfois) et enfin /zu/ (impossible, il dit /ju/). Quand au problème, ses bases de calcul sont vraiment déficitaires, le dessin est indispensable.
- Requis, avec qui je reprends quelques stimulations faciales et tente de lui maintenir la bouche fermée (il ne se laisse pas faire !). Reprise de sons qu’il produit : « ayaya ». Je propose « aya », il répète bien « aya » ; je propose « ayaya », il répète bien « ayaya ». Il est attentif aux bulles de savon, suit certaines du regard pendant leur déplacement et cherche même à en éclater quelques unes ! Pour terminer, comptines à gestes qu’il apprécie beaucoup, tellement qu’à un moment donné il est parti dans un fou rire, se propageant à Jeanne et moi dans la foulée !
Soirée studieuse pour Carole, qui a travaillé son fon avec Etienne, le gardien de la case.
Mercredi 9 juin
Déluge ce matin… qu’importe, Carole enfourche son zem, Mathilde attend son bus, et nous voilà partie pour une journée de travail.
Carole : je suis aujourd’hui :
Lorenda : échange langagier sur ses vacances (compréhension et réponse en oui/non), SOF +, mais langue qui hésite à sortir, sans mobilité sur les côtés. Puis, gigogne (bonne logique, mouvements de préhension difficiles). Déno d’images (DNP). Livre « petit ours brun imite papa » Janice : relaxation : se relaxe, ouf enfin ! Oui, oui, Janice se laisse aller, ferme les yeux, écoute son corps, en prend même possession en acceptant d’exécuter deux ordres simples (mets cette main là sur ce pied là, touche tes genoux avec tes deux mains)… belle avancée. Sur son initiative, déno d’images à partir d’un livre. Puis tour de lego (3cubes) selon modèle ; algorithme simple d’alternance de legos jaunes et rouges : bon début, puis se lasse. Livre « Mimi perd sa place » : « tu nous racontes ? : quelques productions = ++ !
Conceptia : SOF : vraiment de beaux progrès, avec une lèvre supérieure de plus en plus mobile et tonique (après massage ++), une langue qui sort bien, et va chercher sur le côté droit. Travail contre-résistance : de bonne volonté, mais réflexe nauséeux. Déno sur livre d’images : pas d’articulartion des phonèmes (/a-a-a/), mais bon respect du nombre de syllabes. En fin de matinée : le groupe stimule bien Conceptia, que ce soit pour la motricité ou pour le langage (attraper objets suspendus, chants avec gestes). Puis, nous retrouvons mères ou dadas et enfants sous les paillottes.
Je vois Aïcha et Elvire, motricité, petit bain de langage, conseils divers pour développer ce dernier.
Puis, nous proposons un nouveau jeu : attraper des bonbons et/ou maracas accrochés par des pinces à linge à un fil tendu au-dessus de leur tête, à portée de main : le but étant de travailler l’attention dirigée, la coordination œil-main, et bien sur la motricité et la préhension fine. Enfin, même jeu avec les plus grands, ceux qui se tiennent debout, et pour finir, comptines avec gestes… La famille-requins fait toujours autant rire !
Mathilde : Je suis :
- Prince, avec qui je fais un jeu d’encastrement sur les chiffres : il replace bien chaque pièce et même lorsque je lui montre l’emplacement il sait retrouver le chiffre correspondant à la forme ; mais aucune dénomination ni désignation des chiffres n’est possible.
- William, qui m’a littéralement bluffé ! Il a dit plein de choses ! Nous avions toujours entendu parler d’un « déclic » concernant les aphasies et le retour à la parole, mais c’est encore plus frappant quand on l’entend ! Il m’a dit « bonjour », a répondu oui/non (surtout non évidemment), a dénommé spontanément certaines images et les autres étaient toujours répétées après que j’ai dit leurs noms. En graphisme, il traçait des traies reliant des carottes, des chemins à suivre, des fusées qui montaient et des montgolfières qui descendaient, des golfeurs devant envoyer la balle horizontalement ; mais toute l’activité a été verbalisée « j’arrive », « ici », « top », « vroum », « partez », « désolé »… Bref, une séance pleine de surprises et de plaisir, car William s’est investi, même s’il n’a pu s’empêcher de vouloir tout prendre dans le bureau à la fin de la séance (au niveau comportemental, il reste encore du boulot !)
- Lina, avec qui j’ai fait les histoires en image qu’elle ne réussit toujours pas à ordonner ni à décrire, puis le Qui est-ce simplifié à 1 seule rangée, là encore difficile à cause du manque de vocabulaire français. Edith a pris en charge Nathan, en jouant à la course à l’apprentissage, Florian, dont c’était la dernière séance puisqu’il retourne en France après 3 ans passés au Bénin et Junior un adulte autiste que je vois pour la première fois car ne venait pas aux séances.
Retour à pied pour changer :D. Nous passons par les rails : arrières-cours loin du bruit infernal de la circulation… Au milieu des chèvres errantes, des « piscines » due à la saison des pluies, les sourires d’enfants foisonnent : tous si beaux !
Jeudi 10 Juin
Matinée à l’école des Hibiscus :
- Edith prend en charge Jean-Daniel, avec un exercice de dénomination, puis de catégorisation (« Donne moi tout ce qui se mange »). Puis elle propose des histoires en images : Jean-Daniel ne raconte pas spontanément, il répète les phrases proposées et imite ou fait le geste de l’action. -
Avec Joël, Mathilde travaille la numération de 0 à 30 : toujours aussi souriant, il effectue les exercices facilement, le problème restant l’écriture des nombres (inversion des chiffres pour 21, 30… et écriture à l’envers du chiffre 3).
- Carole… tente tant qu’elle peut de travailler avec Josias… Quelle galère mes aïeux ! Pourtant, c’était bien parti au début : le petit dénommait (presque) parfaitement les couleurs, montrait et donnait les bonnes formes…
Mais, hélas, trois fois hélas, ça n’a pas duré… Comme d’ordinaire, Josias s’est vite désintéressé… Première pause pipi, au retour comptage de petits dessins et écriture du 4 en regard, J’ai faiiiiim ! Hop, le voilà parti chercher quelque beignet à la tantie de la cantine…. 7min plus tard : je veux toooooon crayon, le 5, ok, ah blocage au 6, naaaaaan je sais pas, y a le modèle, mais naaaaaan ! et deuxième pause, caca cette fois… (comprendre, la gamin se lève en 4e vitesse et se sauve en courant, claquant la porte… à peine le temps de saisir le pourquoi du comment…) Bon, on se rassoit… calmement Josias ! là, si assieds-toi ! Compter et colorier ? naaaaan je veux écrire 2010…. Ah et puis 4, 4, 4… ah, zut, la gomme tombe, ah tiens, c’est marrant, on recommence, et avec le crayon ? ah extra ! et si je le passais dans le trou de la chaussure ? Comment j’ai pas le droit ? ah, mais y a mon reste de beignets que j’avais mis en sécurité là sur le tam-tam, là ça ne va plus du tout, il faut absolument que ce soit ici sur l’étagère…. Entre ce livre et ce jeu, juste ICI. Respirons. Josias, c’est bon, c’est bien ici, viens t’assoir, on continue. Nan. Et le petit d’arracher mon crayon de ma main et de « crabouiller » la feuille… Josias !
Heureusement, il y a Axelle pour remettre le moral de l’ortho à flot. Complétion de phrases à partir de propositions écrites : adjectifs et parties du corps. Un peu laborieux au début, mais une bonne séance !
Comme d’habitude, nous faisons nos randonneuses expertes et rentrons à pied du cabinet où Edith nous a déposées. Après nous avoir mis l’eau à la bouche en entrant dans une supérette « européenne » vendant viande à gogo (poulet fermier… gésiers de canard…) et frites… (!), nous résistons vaillamment et sortons encore plus affamées… Nous apprécions donc d’autant plus notre sandwich de brochettes de viande de porc, achetées au bout de notre von.
L’après-midi, nous nous rendons chez la couturière : enfin ! Nous ne trouvions pas un seul moment pour y aller et la seule fois que nous avons essayé, nous nous sommes perdues (alors qu’elle n’est qu’à quelques vons à côté de chez nous). A l’entrée, une machine à coudre à l’ancienne sur laquelle travaille la couturière dont Caroline nous avait vanté les mérites. Nous découvrons son petit atelier et rencontrons ses aides-couturières. Connaissant bien Caroline, elle est habituée aux yovos et à leurs demandes européennes ! Résultats fin de la semaine prochaine… nous avons hâte ! En rentrant (après un petit détour sur internet comme vous avez pu le voir), nous achetons sous les conseils d’Abel du tapioca mélangé à du lait concentré : très bon !
Soirée tranquille avec autres locataires de la case, Léandre et Marie (petit coucou si tu as trouvé note blog !!!), et échangeons quelques films.
Vendredi 11 Juin
Mathilde : Avec la pluie m’empêchant de travailler vendredi dernier, nous retournons au RBC Cotonou 6, où nous retrouvons Tata Monique, notre tresseuse à domicile !!!
Premier atelier avec les grands : séance de graphisme dans leur cahier, comme chaque matin. Je propose à Floriane des traits obliques à tracer mais elle ne comprend pas ce qu’on lui demande, même avec le modèle et le tracé que je fais avec elle en lui tenant la main (j’apprends plus tard qu’elle ne comprend que très peu le français).
Avec Blanche, nous essayons le tracé du /p/ en écriture cursive, elle en réussit certains. Mais ce qu’elle préfère, c’est aider les autres comme Inèce, qui comme la dernière fois ne fait pas ses lignes de /t/, même lorsqu’on la rappelle à son travail (distractibilité +++) ; finalement, il aura été nécessaire de la mettre sur un bureau à part pour qu’elle écrive ses lignes.
Avec Caroline et Carole, nous avons fabriqué un jeu avec les capsules peintes le jeudi de la semaine dernière et des boîtes à œufs en carton. Nous avons découpé les boîtes de telle façon que le jeu peut être composé de 6 ou 9 cases. L’examinateur place les capsules (3 couleurs : rouge, jaune, vert) sur sa boîte et le ou les enfants doivent recopier le modèle. Ce jeu fait travailler l’attention visuo-spatiale, la mémoire visuo-spatiale, la discrimination visuelle, les capacités de logique.
J’ai proposé ce jeu à Blanche, qui ne regarde pas le modèle : je lui montre une case, elle prend la bonne capsule puis conserve la couleur et complète les cases adjacentes sans revoir le modèle.
Chez les petits, je m’occupe de Ridoine, un petit garçon IMC, que je stimule au niveau corporel d’abord avec un pinceau (il est bien réactif au niveau des pieds et du cou et très attentif lorsque je joue sur ses doigts avec le pinceau) ; puis j’effectue des stimulations oro-faciales avec la pipette et le miel : la langue sort très loin sur le menton, par contre impossible de la diriger vers les côtés ou le nez, sinon à l’intérieur de la bouche elle réagit aux stimulations sur les côtés (ébauche) et recule loin vers la gorge ; la déglutition est bonne avec la stimulation sous la base de la langue, mais la bouche ne se ferme pas spontanément (d’où bavage) mais le fait correctement si on intervient au niveau des lèvres ; enfin il apprécie les chansons à gestes mais ne peut tenir assis seul.
Puis je prends en charge Rufis, un jeune enfant hypotonique que j’avais déjà rencontré : aujourd’hui ce n’est pas la grande forme ! Sa maman nous raconte qu’il a fait récemment une crise épileptique la nuit, qui a duré 5h ! Il reste fiévreux, mais réagis bien aux stimulations linguales à l’intérieur de la bouche, ses maxillaires sont toujours aussi actifs à la moindre entrée de la pipette dans la bouche ! Lors des chansons à gestes, je provoque sa tenue assise et stimule le port de tête, impossible seul : il se redresse et relève bien la tête (ne tient que 2 secondes) lorsqu’on appuie entre les omoplates.
En fin de matinée, Caroline propose aux grands un jeu de discrimination auditive : 3 instruments de musique (tam-tam, castagnette, flûte) et des cartes les représentant. Les plus grands (Razac, Inèce et Spinario) reçoivent les 3 cartes et seuls le tam-tam et la castagnette sont proposés aux autres enfants.
Le premier jeu consiste à reconnaître yeux fermés l’instrument joué par Caroline (les plus jeunes confondent entre les 2 cartes, les grands réussissent facilement l’exercice, tous font l’effort de répéter le nom de l’instrument) ; Caroline propose un piège en jouant de la flute et perturbe les plus jeunes qui après un temps de réflexion montre soit le tam-tam soit la castagnette. Puis chaque enfant est interrogé et pour les grands ils doivent reconnaître 2 instruments et les désigner dans l’ordre de leur passation.
Pour la deuxième partie, Caroline montre une carte et l’enfant doit jouer le bon instrument, et pour les plus grands, elle propose 2 cartes et l’enfant doit jouer les instruments dans le bon ordre (sens de la lecture : la carte de gauche en premier).
Puis un petit parcours sportif est organisé : sauté par-dessus sur le boudin, tourner autour d’un tabouret, sauter pieds joints dans 2 cerceaux et enfin se dandiner mains sur les hanches sur une dalle : cette activité a beaucoup plu, et même les animatrices ont participé (Caroline, Tata Monique et moi-même !).
Pour finir cette matinée bien chargée (pour une fois que je ne suis pas synthétique !!!), je visite le futur espace contact de Cotonou 6, encore en construction, et le responsable prévoit quelques réajustements (reste à discuter avec les constructeurs…).
Je retrouve Carole le midi à la case, et rencontre une amie de Léandre en vacances au Bénin. Nous regardons la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de football (même si le foot n’est pas mon sport préféré, je vais essayer de suivre car même si le Bénin n’est pas qualifié, je suis quand même en Afrique pour la première coupe du monde dans ce continent !).
Après-midi travail sur l’ordi (dont écriture de ce roman !).
Carole : Quel bonheur de se sentir ortho ! Qu’est-ce que nos chers professeurs et maîtres de stages nous disaient déjà ???? ah oui : ADAPTATION !
Karline : PBF+ sonorisation+souffle (n’accroche pas avec le petit miroir, alors, sur les genoux avec le plus grand). Coloriage.
M.Akinocho : évocation de métiers à partir de définitions, évocation de viandes, de moyens de transports, de lieux (en rapport avec les métiers). Efficacité de l’ébauche orale ++
Alessandro : Alessandro… ou Comment Rebondir. Puzzle bois des chiffres : compter, déplacer les pièces pour “écrire” une série, écrire sa série en nommant chaque chiffre. Signer la feuille de son prénom, et oh, tiens, on compte le nombre de lettres, 10, ah et tu me montres combien ça fait en doigts de la main, pour faire autant de lettres que ton prénom ? ok, et bien tu vois, on peut écrire aussi comme ça (constellation)… Fiches de constellation-chiffre arabe-écriture en lettres-doigts de la main de 2 à 5. Au 6, Alessandro se désintéresse… eh ! on va faire un jeu ! Je prends une feuille, trace une ligne : ta partie, la mienne, cache entre les 2, et c’est parti ! devine ce que j’ai dessiné ? Tour de rôle qui fonctionne bien, le petit inverse le 2 en S et le 3 en E, mais bon ensemble. Nous finissons par Anima’dire-Anima’lire (qui a gagné, tu comptes ?).
Jean-Daniel : (pris par Edith). Bilan de renouvellement LO. JD veut se moucher, éteindre le brasseur, attraper le margouillat, se balancer sur sa chaise, et faire le perroquet…
Steven : le petit arrive en pleurs, s’avachit sur le bureau et se cache la tête dans ses bras croisés. Bon… « tu sais quoi Steven ? ce qui s’est passé, ici, on oublie, nous, on va… s’amuser ! Dehors, c’est autre chose. Mais ici, ça s’appelle un havre. C’est un endroit où on peut souffler et oublier un peu… alors, nous, tous les 2, on joue, tu veux ? » Cartes de déno pour travail spécifique de l’articulation ch/j/z. Déno d’actions. HEI. Graphisme. Evocation des articles un/le-une/la pour les mots écrits précédemment. Chagrin oublié !
Sia : résolution de problèmes (multiplication-division) : des progrès ! Course à l’apprentissage (travail de l’usage : évoquer des mots « commençant/finissant par », selon contrainte orthographique) : même pour les orthos, c’est pas évident… :s
Et balade à pied pour rentrer aux pénates… toujours un délice !
1er match de la France contre l’Uruguay : match nul 0-0 ! Commentaires ???
Samedi 12 Juin
Alors que nous nous apprêtions à commencer une journée boulot (1heure à bosser quand même !), nous retrouvons Léandre et Elise, une de ses amies en vacances pour 2 semaines, au cours de la matinée et décidons de passer la journée ensemble. Et pour notre plus grand plaisir, Vitale et Thierry se joignent à nous !
Départ en fin de matinée pour le marché de Ganhi (appelé le « marché yovos »), où tous les produits sont trouvés : coin boucherie, fruits et légumes à gogo et autres aliments (dont les éternelles conserves « gino », animaux en cage (lapins, poules..., chiots !), produits artisanaux. Les prix sont en effet assez élevés du fait de la fréquentation des yovos, mais nous avons pu repérer différentes choses intéressantes…
Après cette plongée multicolore et multi-odeurs, nous partons pour le CCF (Centre Culturel Français) à pied, et même Vitale accepte de nous accompagner ( !) alors que Thierry part avec sa moto pour nous y attendre. Malheureusement en arrivant, la salle d’exposition est fermée, nous ne voyons que le hall d’entrée et la salle de spectacle. Le CCF, adjacent à l’ambassade de France, est situé sur l’avenue Jean-Paul II, l’une des 2 plus importantes voies de Cotonou et où se retrouvent les différentes ambassades (nous sommes passées devant celles allemande, chinoise (ayant aussi son propre Centre Culturel) et algérienne) ainsi que certains ministères et les bâtiments présidentiels.
Puis nous sommes descendus à la plage Obama’Beach (appelé ainsi depuis la présidence d’Obama, d’ailleurs c’est un personnage très apprécié des Béninois (vous me direz surement que c’est normal), la ville est remplie de lieux portant son nom et il y a même une affiche le représentant comme le prix nobel de la Paix 2009!). L’entrée nous refroidit un peu quand on apprend qu’il faut payer 100 CFA par personne. Ensuite, le repas est cher alors nous nous contentons d’une assiette de mouton avec piment et oignons de la taille d’une soucoupe à thé, que nous payons 1000 CFA et que nous partageons à 2 !!! Si vous faites la conversion en euros, cela ne vous paraîtra pas cher, mais au Bénin c’est cher, ce plat se trouve avec un prix bien moins élevé si nous ne mangeons pas au bord de cette plage aménagée.
Puis le meilleur vient : la baignade ! Des rouleaux hauts de 2 à 3 mètres dans une eau à 25 degrés minimum sous un soleil pas trop ardent car caché derrière les nuages : que demander de plus ? Vitale se baigne avec nous tout en restant au bord (niveau des genoux) ! Et après avoir bien insisté Thierry se joint à nous et une fois dans l’eau il est difficile de l’en sortir !!! (pour les non-initiés à qui la portée des points d’exclamation échapperait, Caro traduit : la grande majorité des Béninois (les non-pêcheurs !) ont peur de se baigner… Vitale assure qu’une fois que nous serons tous sortis de l’eau, les vagues se calmeront, les dieux retrouvant leur intimité !). Un moment vraiment agréable où les 6 compagnons ont profité au maximum de l’aprèm et du fait d’être ensemble.
Vitale et Thierry nous quittent à 17h et après 2h de baignade et quelques discussions sur la plage, nous décollons à 17h50 (à l’entrée il était écrit « à partir de 18h boisson obligatoire » !). Nous convainquons Elise et Léandre de rentrer à pied, par la « route » de l’aéroport qui longe la plage. Sur le chemin du retour, nous croisons plusieurs militaires qui nous repoussent du bord de la route vers les bâtiments. Après quelques minutes nous entendons des sirènes de police et voyons arriver une multitude de motos et voitures de police et de militaires, et de belles voitures portant les drapeaux béninois et d’autres pays… Première rencontre avec le président béninois (ou plutôt avec la voiture présidentielle) : assez impressionnant comme délégation !
Le soir nous mangeons dans une cafèt’ près de la case : spaghetti à la viande devant le match Angleterre/Etats-Unis (enfin, par intermittence, coupures de courant obligent !) : lorsque nous repartons à la case le score était 1 partout. Dessert fruité et passage alterné à la douche (entre le sel et le sable la douche s’impose !!!).
Puis Vitale et Thierry reviennent et nous sortons à la buvette d’en face : tournée de Grande Béninoise pour tout le monde !!! Passé minuit, de retour à la case, ce sont les au revoir avec Elise et Léandre qui repartent à Parakou tôt le lendemain, mais que nous reverront surement. Une très bonne journée de week-end ! A refaire !!!
Dimanche 13 Juin
Journée de repos et de travail entre coloriage, plastification, fiches patients… Bref, un dimanche quoi !
Lundi 14 Juin
Mathilde : Etant toute seule ce matin à la case, j’en profite pour monopoliser l’ordi et continuer mes fiches patients (bilan + rééducation + pistes rééducatives). Puis à l’heure de mon départ pour le cabinet, Michel me propose de me déposer en moto. Un chauffeur personnel c’est la classe !!!
Au cabinet, les patients n’affluent pas cet aprèm :
- Sarah, que je prends en charge pour la première fois : je joue à un jeu de l’oie fabriqué ou les cases ne représentent que des mots contenant le son /ch/. Je l’aide à bien le prononcer en utilisant le geste Borel.
- Lina, avec qui je fais un domino sur le thème des associations (exemple : avec la gomme, il faut accoler le crayon). Son manque de vocabulaire français est très important.
- William, dont les progrès sont importants et rapides : je propose un loto avec 4 cartes sur les thèmes des moyens de transport, des fruits, des animaux et des objets. Il est maintenant dans la communication, nomme un certain nombre d’images spontanément et répète systématiquement lorsque je l’aide, voire même parfois désigne à nouveau une image pour que je lui redonne le nom. Puis exercice de graphisme pour entraîner sa main gauche : les traits droits sont difficiles à tracer et lorsqu’il veut relier il ne regarde jamais le point d’arrivée.
Les autres patients ne sont pas venus. Quelle après-midi !!!
Carole : Départ à 8h pour Porto-Novo, où Caroline et moi allons rendre visite au seul RBC de la ville. Nous arrivons sous la pluie… Grand déluge ! Les étals du marché ont les pieds dans l’eau… et nous aussi !
Heureusement, la paillotte est sèche. Les « bonne arrivée » traditionnels nous accueillent. En réalisant un état des lieux du matériel « orthophonique », il s’avère que le centre est bien pauvre… Quelques découpages de formes géométriques dans de la mousse, deux puzzles de bois, et une lettre en plastique ! Je laisse un jeu d’encastrement et des feuilles de graphisme, et Caroline ira au marché acheté quelques balles et de la ficelle +pinces à linge pour fabriquer un jeu de suspensions.
Nous guidons les mamans en groupe, puis de manière individuelle : comment tenir leur enfant entre leurs jambes pour assurer la position la plus réceptive aux stimulations oro-faciales, comment relaxer l’enfant spastique, tonifier l’enfant hypotone… Puis apprentissage des massages et SOF, avec le fameux miel. Ensuite, comptines pour favoriser l’éveil au langage, la conscience du corps (tonus et tenue du tête), et du schéma corporel. Jeu divers (tours, encastrement), et conseils pour la récupération d’objets du quotidien pouvant faire office de jeu d’éveil (cône de couturière pour encastrement, petite bouteille de possotomé à remplir de cailloux pour jeu d’écoute…). Guidance sur l’importance primordiale du bain de langage. Et à la pause déjeuner, nous nous assurons de l’alimentation correcte de tous les enfants. … le temps file vite ! Et la petite Caro s’endort sur ma cuisse. Trop chou. Retour à Cotonou sous le soleil de 18h…