Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 15:09

Dimanche 6 juin

 

Journée calme. Boulot le matin, puis balade sur la plage avec Sandra et Abel, ce dernier s’amusant à (tenter) d’attraper des crabes. Puis, passage sur Internet. Le soir, soirée et dîner « en famille » avec Abel et Sandra : nous préparons tous les 4 des spaghetti-oignons-sauce tomate-bouillon et film « Transformers » pour bien finir la journée !!!

 

Lundi 7 juin

 

Carole : Je passe la matinée au RBC 5, en participant aux ateliers des enfants. Je suis particulièrement Marc (encastrements, jeu de ballon tour de rôle et parole), Cyprien (encastrement), et Daryl (encastrement, comptines et bain de langage). Et puis, je danse avec Ireti, Séverin et Cyp ! Les chants d’ici sont un vrai bonheur. L’aprem est consacré à la finition de certaines planches de déno, à la lessive et au grand ménage de la chambre !

 

Mathilde : Matinée au RBC Cotonou 2, où je leur présente mon jeu de désignation/dénomination/appariement : les images sont des objets du quotidien (bouteille, télé, porte, crayon…), qui peuvent être associées par 2 avec un ou 2 distracteurs possibles (ex : 1 crayon/1 ardoise et 1 cahier/ la craie peut aussi être présentée). De plus, l’usage ces objets peut être mimé (boire, manger, téléphoner, ouvrir une porte…). Enfin, les images sont épinglées sur un fil à hauteur de la tête pour inciter l’enfant (IMC surtout) à attraper lui-même les images. Malheureusement, Oratio que j’avais vu la dernière fois et pour qui j’avais fait ce matériel n’est pas venu. Caroline l’a testé avec François, un jeune IMC qu’elle rencontrait pour la première fois. Chez les petits, j’ai pris en charge Ismaël, toujours aussi souriant, en commençant par une séance de bisous avec sa maman et quelques vocalisations (ma/pa/da). Puis stimulations oro-faciales et chansons à gestes pour travailler sa tenue de tête et son redressement. Puis je rencontre Hospice, un enfant hydrocéphale et hypotone et sa maman. Stimulations oro-faciales et chansons à gestes. Puis nous faisons un petit jeu de balle avec Roc, suivi par Caroline, avec une balle à pic pour stimuler les membres. Ensuite, nous nous réunissons avec quelques jeunes enfants pour faire un jeu de groupe : 3 couleurs de legos (rouge, vert, jaune) et chaque enfant prend 1 lego et l’apparie avec le bon lego. Les différents enfants réussissent tous le jeu avec un grand plaisir (certains même n’hésite pas à aider les autres). Puis Caroline propose un jeu sur les cris d’animaux auquel tout le monde participe joyeusement, même les dadas ! Nous avons aussi apporté un autre jeu qu’a créé Caroline : une planche en 5 exemplaires sur lesquelles sont dessinés divers objets (robes, bouteilles, colliers, claquettes…) de taille et de couleurs différentes afin de travailler l’attention visuelle et auditive, la mémoire auditivo-verbale, la dénomination et la désignation… en demandant à l’enfant « Montre moi la bouteille jaune », « Montre moi le grand collier rouge », « Montre moi toutes les grandes bouteilles », « Montre moi tout ce qui est bleu ». Nous remplissons les dossiers et nous « demandons à partir », vers 13h ! Or le midi est court car je dois être à 14h chez Edith. En plus, sur la route, le zem passe dans une « piscine » : je n’ai jamais vu une flaque aussi grande et aussi profonde ! Résultat je me change en quatrième vitesse, prend le sandwich qu’a acheté Carole et repart pour le cabinet, où je vois : - Lina, avec qui je reprends la notion il/elle non acquise et les histoires en images - William, celui présentant des troubles du comportement, qui n’est pas du tout perturbé par le changement de personne ni par celui de la disposition des meubles dans le bureau. Je joue avec lui à Anima’dire Anima’lire et aux histoires en image qu’il maîtrise bien. Edith prend en charge Sarah, qui ne réussit pas à différencier dans son articulation [s], [z], [ ʃ ] et [ ʒ ]. William et Imad ne viennent pas. Le soir, Carole et moi avons noté le MT86 (dur dur !).

 

Mardi 8 Juin

 

Comme tous les mardis, matinée à la Chrysalide.

 

Carole : Edith : nous commençons pas un petit jeu d’encastrement-puzzle, bien réussi. Edith a de bonnes stratégies de recherche. Puis, c’est le temps de la déno, en fon je le rappelle, sur les animaux, et les moyens de transport. Nous essayons le domino des images que j’ai créé, mais Edith ne comprend pas, qu’importe, c’est l’occasion de réviser les fruits. Après l’apprentissage des couleurs (livre et fiche), nous reprenons la fiche du schéma corporel, Edith se souvient bien, ça lui plait de montrer sur soi, en reconnaissant l’image présentée !

Olivia : introduction par le rythme, elle reprend bien la structure double. Puis, graphisme : des progrès ! amélioration des traits verticaux entre des lignes de départ et d’arrêt du geste , et tracé plus précis du contour de la main. Avec modèle visuo-cinétique, et kinesthésique, dessin d’un arbre… réussi ! Ensuite, apprentissage du jeu de domino des images, avec bain de vocabulaire. Comme d’ordinaire, Olivia est très attirée par les images. Spontanément, elle fait des associations sémantiques (table-chaise) ! Peu à peu, elle comprend ce que je recherche dans le « domino », et désigne elle-même les deux parties identiques. Récréation avec le jeu de bulles. Ensuite, nous attaquons les PBF devant miroir : c’est elle qui initie les « grimaces ». Super ! Puis, DNP : Olivia ne cesse de m’étonner aujourd’hui (plus grande confiance en moi, comme en témoignent ses regards que j’accroche enfin ?) : elle produit /pa/ -/pi/-/po/-/pu/ et les syllabes doublées associées telles que /pipo/ - /papu/, etc. puis /t/ - /ta/ -/ti/ -/to/… et /ch/…. Qui se transforme en /s/…. Et même /si/ ! Et un /l/ qui se devine… Essai de mots à partir de l’éternelle comptine « tap’tap ‘ » : papillon, poisson… Donc, comptine, où Olivia aime reprendre les gestes, qu’elle refera même à la poupée, sur mon incitation ! Ce qui entraîne un peu de jeu symbolique… (bébé a faim, on lui donne à manger ? bébé veut dormir, on le berce ?). Puis, re-comptine en DNP, et comptine en suivant les images correspondantes (mains, moulin, poisson, papillon). Je m’apprête à arrêter cette grosse séance, mais Prince arrive qui veut regarder le livre des couleurs, alors allons-y… ah, et un peu d’encastrement aussi ? ok !

 

Mathilde : - Gloria, toujours aussi impliquée dans les séances, avec qui je retravaille les praxies (j’ai apporté un « guide-langue » mais sa langue ne se laisse pas faire !) et je lui fais des massages sur la langue pour la tonifier notamment sur les côtés. Puis exercices d’articulation du k/g en s’aidant d’une main poser sur la gorge. Enfin, exercice de discrimination auditive sur les sons k/g (difficle). - Quentin, avec qui je reprends les exercices de lecture avec la méthode Borel-Maisonny ; il s’aide beaucoup du geste du /ch/, et sa lecture reste phonémique (f…a). Il ne réussit pas à produire le son [z], alors je lui propose un travail de praxies linguales devant le miroir, et de prononciation /zi/, /zé/ puis /zo/ (+ dur mais le réussit parfois) et enfin /zu/ (impossible, il dit /ju/). Quand au problème, ses bases de calcul sont vraiment déficitaires, le dessin est indispensable.

- Requis, avec qui je reprends quelques stimulations faciales et tente de lui maintenir la bouche fermée (il ne se laisse pas faire !). Reprise de sons qu’il produit : « ayaya ». Je propose « aya », il répète bien « aya » ; je propose « ayaya », il répète bien « ayaya ». Il est attentif aux bulles de savon, suit certaines du regard pendant leur déplacement et cherche même à en éclater quelques unes ! Pour terminer, comptines à gestes qu’il apprécie beaucoup, tellement qu’à un moment donné il est parti dans un fou rire, se propageant à Jeanne et moi dans la foulée !

Soirée studieuse pour Carole, qui a travaillé son fon avec Etienne, le gardien de la case.

 

Mercredi 9 juin

 

Déluge ce matin… qu’importe, Carole enfourche son zem, Mathilde attend son bus, et nous voilà partie pour une journée de travail.

 

Carole : je suis aujourd’hui :

Lorenda : échange langagier sur ses vacances (compréhension et réponse en oui/non), SOF +, mais langue qui hésite à sortir, sans mobilité sur les côtés. Puis, gigogne (bonne logique, mouvements de préhension difficiles). Déno d’images (DNP). Livre « petit ours brun imite papa » Janice : relaxation : se relaxe, ouf enfin ! Oui, oui, Janice se laisse aller, ferme les yeux, écoute son corps, en prend même possession en acceptant d’exécuter deux ordres simples (mets cette main là sur ce pied là, touche tes genoux avec tes deux mains)… belle avancée. Sur son initiative, déno d’images à partir d’un livre. Puis tour de lego (3cubes) selon modèle ; algorithme simple d’alternance de legos jaunes et rouges : bon début, puis se lasse. Livre « Mimi perd sa place » : « tu nous racontes ? : quelques productions = ++ !

Conceptia : SOF : vraiment de beaux progrès, avec une lèvre supérieure de plus en plus mobile et tonique (après massage ++), une langue qui sort bien, et va chercher sur le côté droit. Travail contre-résistance : de bonne volonté, mais réflexe nauséeux. Déno sur livre d’images : pas d’articulartion des phonèmes (/a-a-a/), mais bon respect du nombre de syllabes. En fin de matinée : le groupe stimule bien Conceptia, que ce soit pour la motricité ou pour le langage (attraper objets suspendus, chants avec gestes). Puis, nous retrouvons mères ou dadas et enfants sous les paillottes.

Je vois Aïcha et Elvire, motricité, petit bain de langage, conseils divers pour développer ce dernier.

Puis, nous proposons un nouveau jeu : attraper des bonbons et/ou maracas accrochés par des pinces à linge à un fil tendu au-dessus de leur tête, à portée de main : le but étant de travailler l’attention dirigée, la coordination œil-main, et bien sur la motricité et la préhension fine. Enfin, même jeu avec les plus grands, ceux qui se tiennent debout, et pour finir, comptines avec gestes… La famille-requins fait toujours autant rire !

 

Mathilde : Je suis :

- Prince, avec qui je fais un jeu d’encastrement sur les chiffres : il replace bien chaque pièce et même lorsque je lui montre l’emplacement il sait retrouver le chiffre correspondant à la forme ; mais aucune dénomination ni désignation des chiffres n’est possible.

- William, qui m’a littéralement bluffé ! Il a dit plein de choses ! Nous avions toujours entendu parler d’un « déclic » concernant les aphasies et le retour à la parole, mais c’est encore plus frappant quand on l’entend ! Il m’a dit « bonjour », a répondu oui/non (surtout non évidemment), a dénommé spontanément certaines images et les autres étaient toujours répétées après que j’ai dit leurs noms. En graphisme, il traçait des traies reliant des carottes, des chemins à suivre, des fusées qui montaient et des montgolfières qui descendaient, des golfeurs devant envoyer la balle horizontalement ; mais toute l’activité a été verbalisée « j’arrive », « ici », « top », « vroum », « partez », « désolé »… Bref, une séance pleine de surprises et de plaisir, car William s’est investi, même s’il n’a pu s’empêcher de vouloir tout prendre dans le bureau à la fin de la séance (au niveau comportemental, il reste encore du boulot !)

- Lina, avec qui j’ai fait les histoires en image qu’elle ne réussit toujours pas à ordonner ni à décrire, puis le Qui est-ce simplifié à 1 seule rangée, là encore difficile à cause du manque de vocabulaire français. Edith a pris en charge Nathan, en jouant à la course à l’apprentissage, Florian, dont c’était la dernière séance puisqu’il retourne en France après 3 ans passés au Bénin et Junior un adulte autiste que je vois pour la première fois car ne venait pas aux séances.

Retour à pied pour changer :D. Nous passons par les rails : arrières-cours loin du bruit infernal de la circulation… Au milieu des chèvres errantes, des « piscines » due à la saison des pluies, les sourires d’enfants foisonnent : tous si beaux !

 

Jeudi 10 Juin

 

Matinée à l’école des Hibiscus :

- Edith prend en charge Jean-Daniel, avec un exercice de dénomination, puis de catégorisation (« Donne moi tout ce qui se mange »). Puis elle propose des histoires en images : Jean-Daniel ne raconte pas spontanément, il répète les phrases proposées et imite ou fait le geste de l’action. -

Avec Joël, Mathilde travaille la numération de 0 à 30 : toujours aussi souriant, il effectue les exercices facilement, le problème restant l’écriture des nombres (inversion des chiffres pour 21, 30… et écriture à l’envers du chiffre 3).

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- Carole… tente tant qu’elle peut de travailler avec Josias… Quelle galère mes aïeux ! Pourtant, c’était bien parti au début : le petit dénommait (presque) parfaitement les couleurs, montrait et donnait les bonnes formes…

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Mais, hélas, trois fois hélas, ça n’a pas duré… Comme d’ordinaire, Josias s’est vite désintéressé… Première pause pipi, au retour comptage de petits dessins et écriture du 4 en regard, J’ai faiiiiim ! Hop, le voilà parti chercher quelque beignet à la tantie de la cantine…. 7min plus tard : je veux toooooon crayon, le 5, ok, ah blocage au 6, naaaaaan je sais pas, y a le modèle, mais naaaaaan ! et deuxième pause, caca cette fois… (comprendre, la gamin se lève en 4e vitesse et se sauve en courant, claquant la porte… à peine le temps de saisir le pourquoi du comment…) Bon, on se rassoit… calmement Josias ! là, si assieds-toi ! Compter et colorier ? naaaaan je veux écrire 2010…. Ah et puis 4, 4, 4… ah, zut, la gomme tombe, ah tiens, c’est marrant, on recommence, et avec le crayon ? ah extra ! et si je le passais dans le trou de la chaussure ? Comment j’ai pas le droit ? ah, mais y a mon reste de beignets que j’avais mis en sécurité là sur le tam-tam, là ça ne va plus du tout, il faut absolument que ce soit ici sur l’étagère…. Entre ce livre et ce jeu, juste ICI. Respirons. Josias, c’est bon, c’est bien ici, viens t’assoir, on continue. Nan. Et le petit d’arracher mon crayon de ma main et de « crabouiller » la feuille… Josias !

Heureusement, il y a Axelle pour remettre le moral de l’ortho à flot. Complétion de phrases à partir de propositions écrites : adjectifs et parties du corps. Un peu laborieux au début, mais une bonne séance !

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Comme d’habitude, nous faisons nos randonneuses expertes et rentrons à pied du cabinet où Edith nous a déposées. Après nous avoir mis l’eau à la bouche en entrant dans une supérette « européenne » vendant viande à gogo (poulet fermier… gésiers de canard…) et frites… (!), nous résistons vaillamment et sortons encore plus affamées… Nous apprécions donc d’autant plus notre sandwich de brochettes de viande de porc, achetées au bout de notre von.

L’après-midi, nous nous rendons chez la couturière : enfin ! Nous ne trouvions pas un seul moment pour y aller et la seule fois que nous avons essayé, nous nous sommes perdues (alors qu’elle n’est qu’à quelques vons à côté de chez nous). A l’entrée, une machine à coudre à l’ancienne sur laquelle travaille la couturière dont Caroline nous avait vanté les mérites. Nous découvrons son petit atelier et rencontrons ses aides-couturières. Connaissant bien Caroline, elle est habituée aux yovos et à leurs demandes européennes ! Résultats fin de la semaine prochaine… nous avons hâte ! En rentrant (après un petit détour sur internet comme vous avez pu le voir), nous achetons sous les conseils d’Abel du tapioca mélangé à du lait concentré : très bon !

Soirée tranquille avec autres locataires de la case, Léandre et Marie (petit coucou si tu as trouvé note blog !!!), et échangeons quelques films.

 

Vendredi 11 Juin

Mathilde : Avec la pluie m’empêchant de travailler vendredi dernier, nous retournons au RBC Cotonou 6, où nous retrouvons Tata Monique, notre tresseuse à domicile !!!

Premier atelier avec les grands : séance de graphisme dans leur cahier, comme chaque matin. Je propose à Floriane des traits obliques à tracer mais elle ne comprend pas ce qu’on lui demande, même avec le modèle et le tracé que je fais avec elle en lui tenant la main (j’apprends plus tard qu’elle ne comprend que très peu le français).

Avec Blanche, nous essayons le tracé du /p/ en écriture cursive, elle en réussit certains. Mais ce qu’elle préfère, c’est aider les autres comme Inèce, qui comme la dernière fois ne fait pas ses lignes de /t/, même lorsqu’on la rappelle à son travail (distractibilité +++) ; finalement, il aura été nécessaire de la mettre sur un bureau à part pour qu’elle écrive ses lignes.

Avec Caroline et Carole, nous avons fabriqué un jeu avec les capsules peintes le jeudi de la semaine dernière et des boîtes à œufs en carton. Nous avons découpé les boîtes de telle façon que le jeu peut être composé de 6 ou 9 cases. L’examinateur place les capsules (3 couleurs : rouge, jaune, vert) sur sa boîte et le ou les enfants doivent recopier le modèle. Ce jeu fait travailler l’attention visuo-spatiale, la mémoire visuo-spatiale, la discrimination visuelle, les capacités de logique.

J’ai proposé ce jeu à Blanche, qui ne regarde pas le modèle : je lui montre une case, elle prend la bonne capsule puis conserve la couleur et complète les cases adjacentes sans revoir le modèle.

Chez les petits, je m’occupe de Ridoine, un petit garçon IMC, que je stimule au niveau corporel d’abord avec un pinceau (il est bien réactif au niveau des pieds et du cou et très attentif lorsque je joue sur ses doigts avec le pinceau) ; puis j’effectue des stimulations oro-faciales avec la pipette et le miel : la langue sort très loin sur le menton, par contre impossible de la diriger vers les côtés ou le nez, sinon à l’intérieur de la bouche elle réagit aux stimulations sur les côtés (ébauche) et recule loin vers la gorge ; la déglutition est bonne avec la stimulation sous la base de la langue, mais la bouche ne se ferme pas spontanément (d’où bavage) mais le fait correctement si on intervient au niveau des lèvres ; enfin il apprécie les chansons à gestes mais ne peut tenir assis seul.

Puis je prends en charge Rufis, un jeune enfant hypotonique que j’avais déjà rencontré : aujourd’hui ce n’est pas la grande forme ! Sa maman nous raconte qu’il a fait récemment une crise épileptique la nuit, qui a duré 5h ! Il reste fiévreux, mais réagis bien aux stimulations linguales à l’intérieur de la bouche, ses maxillaires sont toujours aussi actifs à la moindre entrée de la pipette dans la bouche ! Lors des chansons à gestes, je provoque sa tenue assise et stimule le port de tête, impossible seul : il se redresse et relève bien la tête (ne tient que 2 secondes) lorsqu’on appuie entre les omoplates.

En fin de matinée, Caroline propose aux grands un jeu de discrimination auditive : 3 instruments de musique (tam-tam, castagnette, flûte) et des cartes les représentant. Les plus grands (Razac, Inèce et Spinario) reçoivent les 3 cartes et seuls le tam-tam et la castagnette sont proposés aux autres enfants.

Le premier jeu consiste à reconnaître yeux fermés l’instrument joué par Caroline (les plus jeunes confondent entre les 2 cartes, les grands réussissent facilement l’exercice, tous font l’effort de répéter le nom de l’instrument) ; Caroline propose un piège en jouant de la flute et perturbe les plus jeunes qui après un temps de réflexion montre soit le tam-tam soit la castagnette. Puis chaque enfant est interrogé et pour les grands ils doivent reconnaître 2 instruments et les désigner dans l’ordre de leur passation.

Pour la deuxième partie, Caroline montre une carte et l’enfant doit jouer le bon instrument, et pour les plus grands, elle propose 2 cartes et l’enfant doit jouer les instruments dans le bon ordre (sens de la lecture : la carte de gauche en premier).

Puis un petit parcours sportif est organisé : sauté par-dessus sur le boudin, tourner autour d’un tabouret, sauter pieds joints dans 2 cerceaux et enfin se dandiner mains sur les hanches sur une dalle : cette activité a beaucoup plu, et même les animatrices ont participé (Caroline, Tata Monique et moi-même !).

Pour finir cette matinée bien chargée (pour une fois que je ne suis pas synthétique !!!), je visite le futur espace contact de Cotonou 6, encore en construction, et le responsable prévoit quelques réajustements (reste à discuter avec les constructeurs…).

 

Je retrouve Carole le midi à la case, et rencontre une amie de Léandre en vacances au Bénin. Nous regardons la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de football (même si le foot n’est pas mon sport préféré, je vais essayer de suivre car même si le Bénin n’est pas qualifié, je suis quand même en Afrique pour la première coupe du monde dans ce continent !).

Après-midi travail sur l’ordi (dont écriture de ce roman !).

Carole : Quel bonheur de se sentir ortho ! Qu’est-ce que nos chers professeurs et maîtres de stages nous disaient déjà ???? ah oui : ADAPTATION !

Karline : PBF+ sonorisation+souffle (n’accroche pas avec le petit miroir, alors, sur les genoux avec le plus grand). Coloriage.

M.Akinocho : évocation de métiers à partir de définitions, évocation de viandes, de moyens de transports, de lieux (en rapport avec les métiers). Efficacité de l’ébauche orale ++

Alessandro : Alessandro… ou Comment Rebondir. Puzzle bois des chiffres : compter, déplacer les pièces pour “écrire” une série, écrire sa série en nommant chaque chiffre. Signer la feuille de son prénom, et oh, tiens, on compte le nombre de lettres, 10, ah et tu me montres combien ça fait en doigts de la main, pour faire autant de lettres que ton prénom ? ok, et bien tu vois, on peut écrire aussi comme ça (constellation)… Fiches de constellation-chiffre arabe-écriture en lettres-doigts de la main de 2 à 5. Au 6, Alessandro se désintéresse… eh ! on va faire un jeu ! Je prends une feuille, trace une ligne : ta partie, la mienne, cache entre les 2, et c’est parti ! devine ce que j’ai dessiné ? Tour de rôle qui fonctionne bien, le petit inverse le 2 en S et le 3 en E, mais bon ensemble. Nous finissons par Anima’dire-Anima’lire (qui a gagné, tu comptes ?).

Jean-Daniel : (pris par Edith). Bilan de renouvellement LO. JD veut se moucher, éteindre le brasseur, attraper le margouillat, se balancer sur sa chaise, et faire le perroquet…

Steven : le petit arrive en pleurs, s’avachit sur le bureau et se cache la tête dans ses bras croisés. Bon… « tu sais quoi Steven ? ce qui s’est passé, ici, on oublie, nous, on va… s’amuser ! Dehors, c’est autre chose. Mais ici, ça s’appelle un havre. C’est un endroit où on peut souffler et oublier un peu… alors, nous, tous les 2, on joue, tu veux ? » Cartes de déno pour travail spécifique de l’articulation ch/j/z. Déno d’actions. HEI. Graphisme. Evocation des articles un/le-une/la pour les mots écrits précédemment. Chagrin oublié !

Sia : résolution de problèmes (multiplication-division) : des progrès ! Course à l’apprentissage (travail de l’usage : évoquer des mots « commençant/finissant par », selon contrainte orthographique) : même pour les orthos, c’est pas évident… :s

 

Et balade à pied pour rentrer aux pénates… toujours un délice !

1er match de la France contre l’Uruguay : match nul 0-0 ! Commentaires ???

 

Samedi 12 Juin

 

Alors que nous nous apprêtions à commencer une journée boulot (1heure à bosser quand même !), nous retrouvons Léandre et Elise, une de ses amies en vacances pour 2 semaines, au cours de la matinée et décidons de passer la journée ensemble. Et pour notre plus grand plaisir, Vitale et Thierry se joignent à nous !

Départ en fin de matinée pour le marché de Ganhi (appelé le « marché yovos »), où tous les produits sont trouvés : coin boucherie, fruits et légumes à gogo et autres aliments (dont les éternelles conserves « gino », animaux en cage (lapins, poules..., chiots !), produits artisanaux. Les prix sont en effet assez élevés du fait de la fréquentation des yovos, mais nous avons pu repérer différentes choses intéressantes…

Après cette plongée multicolore et multi-odeurs, nous partons pour le CCF (Centre Culturel Français) à pied, et même Vitale accepte de nous accompagner ( !) alors que Thierry part avec sa moto pour nous y attendre. Malheureusement en arrivant, la salle d’exposition est fermée, nous ne voyons que le hall d’entrée et la salle de spectacle. Le CCF, adjacent à l’ambassade de France, est situé sur l’avenue Jean-Paul II, l’une des 2 plus importantes voies de Cotonou et où se retrouvent les différentes ambassades (nous sommes passées devant celles allemande, chinoise (ayant aussi son propre Centre Culturel) et algérienne) ainsi que certains ministères et les bâtiments présidentiels.

Puis nous sommes descendus à la plage Obama’Beach (appelé ainsi depuis la présidence d’Obama, d’ailleurs c’est un personnage très apprécié des Béninois (vous me direz surement que c’est normal), la ville est remplie de lieux portant son nom et il y a même une affiche le représentant comme le prix nobel de la Paix 2009!). L’entrée nous refroidit un peu quand on apprend qu’il faut payer 100 CFA par personne. Ensuite, le repas est cher alors nous nous contentons d’une assiette de mouton avec piment et oignons de la taille d’une soucoupe à thé, que nous payons 1000 CFA et que nous partageons à 2 !!! Si vous faites la conversion en euros, cela ne vous paraîtra pas cher, mais au Bénin c’est cher, ce plat se trouve avec un prix bien moins élevé si nous ne mangeons pas au bord de cette plage aménagée.

Puis le meilleur vient : la baignade ! Des rouleaux hauts de 2 à 3 mètres dans une eau à 25 degrés minimum sous un soleil pas trop ardent car caché derrière les nuages : que demander de plus ? Vitale se baigne avec nous tout en restant au bord (niveau des genoux) ! Et après avoir bien insisté Thierry se joint à nous et une fois dans l’eau il est difficile de l’en sortir !!! (pour les non-initiés à qui la portée des points d’exclamation échapperait, Caro traduit : la grande majorité des Béninois (les non-pêcheurs !) ont peur de se baigner… Vitale assure qu’une fois que nous serons tous sortis de l’eau, les vagues se calmeront, les dieux retrouvant leur intimité !). Un moment vraiment agréable où les 6 compagnons ont profité au maximum de l’aprèm et du fait d’être ensemble.

Vitale et Thierry nous quittent à 17h et après 2h de baignade et quelques discussions sur la plage, nous décollons à 17h50 (à l’entrée il était écrit « à partir de 18h boisson obligatoire » !). Nous convainquons Elise et Léandre de rentrer à pied, par la « route » de l’aéroport qui longe la plage. Sur le chemin du retour, nous croisons plusieurs militaires qui nous repoussent du bord de la route vers les bâtiments. Après quelques minutes nous entendons des sirènes de police et voyons arriver une multitude de motos et voitures de police et de militaires, et de belles voitures portant les drapeaux béninois et d’autres pays… Première rencontre avec le président béninois (ou plutôt avec la voiture présidentielle) : assez impressionnant comme délégation !

Le soir nous mangeons dans une cafèt’ près de la case : spaghetti à la viande devant le match Angleterre/Etats-Unis (enfin, par intermittence, coupures de courant obligent !) : lorsque nous repartons à la case le score était 1 partout. Dessert fruité et passage alterné à la douche (entre le sel et le sable la douche s’impose !!!).

Puis Vitale et Thierry reviennent et nous sortons à la buvette d’en face : tournée de Grande Béninoise pour tout le monde !!! Passé minuit, de retour à la case, ce sont les au revoir avec Elise et Léandre qui repartent à Parakou tôt le lendemain, mais que nous reverront surement. Une très bonne journée de week-end ! A refaire !!!

 

Dimanche 13 Juin

 

Journée de repos et de travail entre coloriage, plastification, fiches patients… Bref, un dimanche quoi !

 

Lundi 14 Juin


  Mathilde : Etant toute seule ce matin à la case, j’en profite pour monopoliser l’ordi et continuer mes fiches patients (bilan + rééducation + pistes rééducatives). Puis à l’heure de mon départ pour le cabinet, Michel me propose de me déposer en moto. Un chauffeur personnel c’est la classe !!!

Au cabinet, les patients n’affluent pas cet aprèm :

- Sarah, que je prends en charge pour la première fois : je joue à un jeu de l’oie fabriqué ou les cases ne représentent que des mots contenant le son /ch/. Je l’aide à bien le prononcer en utilisant le geste Borel.

- Lina, avec qui je fais un domino sur le thème des associations (exemple : avec la gomme, il faut accoler le crayon). Son manque de vocabulaire français est très important.

- William, dont les progrès sont importants et rapides : je propose un loto avec 4 cartes sur les thèmes des moyens de transport, des fruits, des animaux et des objets. Il est maintenant dans la communication, nomme un certain nombre d’images spontanément et répète systématiquement lorsque je l’aide, voire même parfois désigne à nouveau une image pour que je lui redonne le nom. Puis exercice de graphisme pour entraîner sa main gauche : les traits droits sont difficiles à tracer et lorsqu’il veut relier il ne regarde jamais le point d’arrivée.

Les autres patients ne sont pas venus. Quelle après-midi !!!

 

Carole : Départ à 8h pour Porto-Novo, où Caroline et moi allons rendre visite au seul RBC de la ville. Nous arrivons sous la pluie… Grand déluge ! Les étals du marché ont les pieds dans l’eau… et nous aussi !

Heureusement, la paillotte est sèche. Les « bonne arrivée » traditionnels nous accueillent. En réalisant un état des lieux du matériel « orthophonique », il s’avère que le centre est bien pauvre… Quelques découpages de formes géométriques dans de la mousse, deux puzzles de bois, et une lettre en plastique ! Je laisse un jeu d’encastrement et des feuilles de graphisme, et Caroline ira au marché acheté quelques balles et de la ficelle +pinces à linge pour fabriquer un jeu de suspensions.

Nous guidons les mamans en groupe, puis de manière individuelle : comment tenir leur enfant entre leurs jambes pour assurer la position la plus réceptive aux stimulations oro-faciales, comment relaxer l’enfant spastique, tonifier l’enfant hypotone… Puis apprentissage des massages et SOF, avec le fameux miel. Ensuite, comptines pour favoriser l’éveil au langage, la conscience du corps (tonus et tenue du tête), et du schéma corporel. Jeu divers (tours, encastrement), et conseils pour la récupération d’objets du quotidien pouvant faire office de jeu d’éveil (cône de couturière pour encastrement, petite bouteille de possotomé à remplir de cailloux pour jeu d’écoute…). Guidance sur l’importance primordiale du bain de langage. Et à la pause déjeuner, nous nous assurons de l’alimentation correcte de tous les enfants. … le temps file vite ! Et la petite Caro s’endort sur ma cuisse. Trop chou. Retour à Cotonou sous le soleil de 18h…


Par O'Bénin 2010
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 17:44

 

Lundi 31 mai  

 

 Une nouvelle semaine commence ! Ce matin, Carole part pour le RBC Cotonou 3 et Mathilde reste à la maison, travaillant sur le matériel à créer et son mémoire (eh oui j’ai trouvé des livres pouvant me servir !).

 

 Carole : je découvre donc le centre RBC Cotonou 3… tout petit ! De jeunes filles apprennent la couture sur d’antiques machines à coudre sous la paillotte. Dans l’une des salles, Camille suit un petit en kiné. Nous installons la natte et le miroir dans le bureau d’accueil et de secrétariat.

 Himbert, 3ans, est IMC spastique, suite à un ictère néonatal. Très agité lors des SOF, il ne se calme que par une chanson (doucement descend le soir…), et nous découvrons alors avec étonnement -et ravissement- que sa motricité linguale est excellente, un exemple de ce que nous cherchons à obtenir avec tous les enfants ! La parole n’est pas loin… Nous conseillons la mère pour stimuler le langage d’Himbert, et finissons la séance par des jeux d’encastrement (enfant très éveillé), et des comptines avec jeu de mains.

 Ahmed, 2ans1/2, accuse un retard de développement (il vient d’acquérir la marche), dû à un problème cardiaque survenu après la naissance. Il s’installe progressivement dans le jeu symbolique, ce qui promet pour le développement du langage, mais son audition nous questionne. Son raisonnement logique pour l’encastrement fait plaisir à voir, il repère bien la forme de la figure, en fait le tour avec le doigt, avant de trouver l’emplacement ! Là encore, nous orientons la maman pour que les stimulations à la maison favorisent l’émergence du langage.

 Prince , 4ans, IMC. Pleure beaucoup ! Les SOF ne seront possibles qu’après un temps de relaxation dans un hamac improvisé avec le pagne de maman, avec chansons, la succion se révélant alors le mode principal d’ingestion du miel. Son regard n’accroche pas toujours, la maman est invitée à jouer avec l’enfant à lui faire suivre une bougie la nuit, pour développer l’orientation du regard, la poursuite oculaire et l’attention conjointe.

 Kouïrou, presque 3ans, nous surprend par  ses vocalisations variées. Très concentré lors des SOF. Comptine schéma corporel, orientation au son (maracas), compréhension (où est tata ?), jeu de parole par la DNP.

 Matinée finie, patients suivis, mamans averties, mission accomplie ! Puis aprèm, on change les rôles : Carole reste à la maison pendant que Mathilde part au cabinet d’Edith.

 

 Mathilde :

- Lina, qui arrive 20 minutes en retard et a beaucoup de choses à dire aujourd’hui : travail du vocabulaire des actions et notion il/elle, puis histoires en image (encore difficile à la fois pour l’ordre et le vocabulaire)

- Steven, avec qui je joue à Anima’lire Anima’dire (pour travailler sur les troubles d’articulation), puis histoires en images en augmentant le nombre de cartes à sérier

- William, aujourd’hui très calme dès son entrée (il vient de se réveiller) : résultat il est calme pendant toute la séance ! Histoires en image difficiles, puis Colorama : trouve certaines pièces du 1

er coup sans avoir à parcourir tout le plateau pour les chercher !!!

 

Mardi 1 Juin

 

 

 Journée à La Chrysalide, où nous arrivons devant … une porte fermée !!! Quelques enfants attendent devant la porte et nous leur tenons compagnie jusqu’à l’arrivée de Thierry. Comme mardi dernier, Gloria vient chercher Mathilde pour travailler : reprise des praxies habituelles, puis exercice de prononciation du [f] et du [v] en l’incitant bien à interposer les dents entre les lèvres. Puis je fais le bilan de Quentin, qui à la fin de la séance cible bien ses difficultés et ce qu’il attend de moi : ses objectifs sont de lire de façon plus fluide un grand nombre de livres, de mieux parler avec ses amis et de pouvoir faire les courses sans oublier ce qu’il faut acheter où la quantité.

 

Carole :

 Edith : apprentissage des fruits en fon, désignation et dénomination ; graphisme de suivi de pointillés (courbes, lignes brisées…) impossible, cependant le bonhomme (dessin dirigé en visuo-cinétique, et accompagnement langagier) est bien réussi, alors associé à une désignation/déno sur soi. Jeu de mémory non compris, à poursuivre.

Avec Olivia, nous « entrons en contact » par un échange de rythmes, que j’accompagne de syllabes (tap-tap, pa-pa…). Olivia est toujours autant à l’écoute, même si elle ne reprend aucun son. Puis, graphisme : très chaotique, bien que la forme globale soit respectée ; elle s’obstine la plupart du temps à repasser plusieurs fois au même endroit (tentative d’épaississement du trait ?), mais l’exercice lui plait. Sur son choix, images d’un loto (une bonne trentaine) à reconnaître et à placer : bien ! Ensuite, PBF et DNP devant miroir : Olivia reprend pa/po/pi/pu !!!!!!! Concentration intense… La petite commence à fatiguer (à s’endormir même !) ; nous finissons alors par du souffle (bulles) et par une comptine avec jeu de main, dont Olivia reprend spontanément les gestes. A noter : le contact passe mieux quand je suis à côté plutôt que face à elle (possibilité d’entourer ses épaules, pour les montrer des gestes, etc).

Kenny lance un cri de sirène d’alarme quand je m’assieds à côté de lui sur les marches où il est en train de jouer avec deux tuyaux pleins. Je lui propose du rythme avec ceux-ci, mais ça ne l’intéresse pas.

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 A midi, nous retournons à notre cafèt préférée, où le serveur est ravi de nous revoir. Nous assistons à un « zapping béninois » ; en effet les habitués ne sont pas d’accord sur la chaîne de télé (il y a celle du Ghana, celle du Sénégal, celle du Cameroun, celle de la Guinée… et Mathilde a même tenté d’arrêter sur la chaîne sport où passait un match de Rolland Garros mais sans succès !).

 

L’après-midi : 

Mathilde : je discute longuement avec Jeanne et Vitale sur la façon béninoise et celle française de laver un bébé, et même de le tenir. Ils ont toute une sorte de rituel pour laver le bébé avec des massages particuliers et pour stimuler ses articulations : les mères françaises en auraient froid dans le dos ! Puis j’ai une conversation très intéressante sur le mariage avec Jeanne, qui me fait part de son expérience (elle n’est pas mariée mais vit avec le père de son enfant) et de celle de sa mère, qui est toute une histoire ! Puis grand goûter pour fêter la confirmation d’Auguste, un jeune trisomique du centre.

 

Carole : Je suis :

M.Konate : relaxation, parole/articulation sur mots puis phrases pour les sons /z/ - /j/ -/ch/ -/s/. Lecture de texte reprenant ces phonèmes.

Francky : relaxation, reprise de l’exercice présentation de soi, présentation de nouvelles.

 

Sur le chemin du retour, je rencontre IB, l’ami d’Amandine. Après avoir retrouvé Carole à Vodjé, nous partons pour la boutique d’IB, où nous discutons avec lui pendant plus d’1h, et demandons des nouvelles d’Amandine, qu’il a au téléphone très souvent.

En rentrant, nous avons la surprise d’apprendre qu’Abel a préparé le dîner pour nous (Michel nous confie plus tard que son fils l’a assisté) : spaghetti viande ! Sandra, une autre locataire, se joint à nous, puis Julianne avec qui nous discutons une bonne partie de la soirée, échangeant nos expériences. Elle est bénévole pour une ONG luttant contre la traite des enfants et donne des cours d’art et d’histoire-géo dans une école installée dans un marché où travaillent des enfants. Enfin dodo !

 

 

Mercredi 3 Juin

 

Mathilde : Journée au cabinet d’Edith : très spécial comme mercredi !

J’arrivé à 9h : Kamal n’est pas là. Je m’occupe des stimulations oro-faciales de Prince, puis jeu avec les perles pour travailler sa motricité fine.

Puis j’assiste au bilan de M. Ahmed A. accidenté de la route et envoyé par l’hôpital pour bilan d’aphasie : seule la moitié du MT86 est faite (la 2ème sera faite vendredi matin avec Carole), mais il parle et présente de prime abord une dysarthrie et des troubles de lecture et quelques troubles de compréhension (trop tôt pour dire s’ils sont dus à des troubles de mémoire, d’attention, de compréhension pure…).

William ne vient pas : fin de la matinée à 11h donc, pour apprendre que je ne reprends qu’à 15h car ni Nathan ni Florian ne viennent !

Je travaille avec Lina les notions il/elle et les histoires en image.

Edith travaille avec Imad, qui s’applique à mettre sa langue derrière les dents et s’aide lui-même avec le guide-langue. Puis elle travaille les notions mathématiques > et < avec Esmeralda, la jeune sourde. Elle voit Alex en bilan, qui ne parle pas et n’entend pas bien, c’est pourquoi elle oriente à la fin de la rencontre la famille vers un ORL et un audioprothésiste. Nous finissons la journée avec Epiphane, qui a décidé de ne pas travailler ce soir. Quelle journée bien chargée !

Carole :

Miracle (3ans aujourd’hui !): avec les bulles, elle reprend la forme de mes lèvres pour essayer de souffler aussi ! Pendant les SOF : mouvements spastiques+++, langue persévère devant. Hamac dans le pagne (3éléphants qui se balançaient…) : rit. Encastrement tortue : concentrée, essaie vraiment pour la préhension. Livre « bébé singe » : tourne elle-même les pages. Marche et danse devant le miroir.

Ireti : gigognes, tortue, balle tour de rôle pour parole /a/ - /ou/ - /an/ - /ta/ - /ka/ - /pa/ - /po/ + syllabes doublées : très bien ! choisi lui-même certaines syllabes.

Elvire (3ans aujourd’hui !) : sa première séance. SOF, comptines. Avec la maman. Conceptia : SOF +++langue loin devant, mais pour les côtés, toujours sur la droite. Mobilité de la lèvre supérieure travaillée en massage et en articulation (praxies bisous, i-p, miroir). Anana-pantalon : rythme trois syllabes : passage par le kinesthésique + pour la séquentialité. Ne bave plus sauf quand très concentrée sur un autre exercice.

Daryl : Angoissé aujourd’hui, veut remettre ses chaussures et partir de la natte avec moi. Tout va mieux quand je l’installe comme nous en avons pris l’habitude. Bulles + : me demande par le geste et le regard, à Caroline aussi ; et suit bien les bulles du regard. Pagne pour coucou caché, ça va, pour enveloppement : refuse, trop angoissant ; de même que le rouleau de papier toilette. Comptine (tap’tap ) et mouvements en double pieds-mains : ok +.

Le midi, nous fêtons les anniversaires d'Elvire et de Miracle : chants en fon, boissons et petits gâteaux pour tous les enfants! le tout serrés sous la paillotte car il pleut à verse !

Axelle : Suite de « si j’étais » : très bonnes idées ! Axelle nous surprend toujours plus par ses connaissances et ses facultés d’inférence. Puis, texte, que j’avais préparé également, sur un enfant roi africain : souligner les mots incompris, retrouver leur définition (relier), répondre aux questions.

 

Jeudi 4 Juin

 

Nous suivons Caroline et la responsable du centre RBC Cotonou 6 dans des visites à domicile. Nous allons d’abord chez Miracle, une jeune IMC que suivent Caroline et Carole le mercredi. Notre venue l’oblige à se réveiller à son grand regret. Nous découvrons qu’elle a une sorte de uppala (je ne connais pas l'orthographe du mot donc excusez moi d'avance!) en bois, pour la tenir debout lorsqu’elle marche. Nous attachons des objets à la barre de bois située devant, puis la faisons s’assoir sur un tabouret bas et elle est maintenue par les épaules avec son uppala, ce qui ne lui plaît pas du tout. La responsable de Cotonou 6 donne quelques consignes pour améliorer le uppala (une tablette) et l’utilisation du tabouret. Puis nous partons chez Nassy, une autre petite fille IMC très dynamique, qui a déjà de bons outils comme une chaise adaptée à sa taille, des cahiers épais pour le graphisme… Nous offrons du tissu anti-dérapant à la fois pour les repas et pour son graphisme, empêchant ainsi les objets de glisser.

 

Le midi nous nous régalons de poissons (brochet et sol) et de piron (Carole ne s’en lasse pas !).

 

L’aprem se divise en deux temps. Premier temps : création de matériel (peinture de capsules pour jeu de mémorisation spatiale, et dessin de cartes de dénomination).

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Second temps : réunion avec Edith et Caroline pour faire le point du premier mois.

 

Et le soir ? Rangement de notre chambre... ce n'est pas du luxe !

 

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Vendredi 5 Juin

 

Ca y est la saison des pluies a vraiment commencé ! Depuis cette nuit il n’a pas arrêté de pleuvoir, même pas quelques minutes ! Mathilde n’est donc pas allée au centre RBC et est restée à la case, pendant que Carole partait sous la pluie à 7h35 pour le cabinet d’Edith.

 

Mathilde : j’ai fait plus ample connaissance avec les 4 nouveaux arrivants et on peut vraiment dire que le monde est petit car ils viennent de l’école de pharmacie de Nantes !!! Petit échange sur les stages, puis l’un des garçons sort sa guitare… (petit clin d’œil à mes 2 ortho-guitaristes préférées !!!). Après quelques courses, j’ai bossé mon mémoire et me suis reposée (mine de rien ça fatigue une journée de pluie !). Petit dîner avec les 4 pharmaciens puis au lit !

 

Carole : Matinée bilans… Premier patient à 8h, suite du bilan de M. Ahmed A. vu par Mathilde mercredi. Nous aurons toutes les deux à côter ce bilan, et à établir le projet thérapeutique. Puis, c’est la suite du bilan d’Elisé, qui confirme mon idée d’autisme (ce petit est surprenant : son seul « langage » est celui des… dauphins ! véridique, ça y ressemble beaucoup). Le PER 2000 (3-5ans) est infaisable pour cet enfant de 8ans.

Ensuite, c’est au tour de Schekina, 2ans1/2, d’être bilantée. Sa mère se plaint d’une lenteur de développement langagier, sûrement dû à l’absence de fratrie ou d’enfants avec qui jouer. Une guidance parentale est proposée plutôt qu’un suivi rééducatif.

Puis, c’est la première séance de Karline : initiation aux PBF, déno, guidance parentale. L’après-midi, je prends en charge M. Akinocho, Alessandro et Steven.

M.Akinocho : fin de phrases à imaginer, remplacer « truc » par un mot qui convient pour donner du sens à la phrase, qui fait quoi (métier). Il en faut de l’énergie pour travailler avec une personne âgée souffrant de manque du mot et de troubles mnésiques !

Alessandro : excellente séance avec ce petit ! Entourer le chiffre énoncé oralement, repasser sur les chiffres par ordre croissant (les plus petits en typographie), les écrire (apprentissage de la comptine pour les retrouver sur le modèle). Par l’intermédiaire du puzzle -bois des chiffres de 0 à 9, compter en suivant la forme du doigt, enlever les pièces et compter de nouveau en suivant la trace, compter le nombre de dessins correspondants au chiffre énoncé. Dessiner sa main, écrire les chiffres correspondants aux nombres de doigts. Ecrire son prénom et compter le nombre de lettres. Pour se dire au revoir : combien de doigts à la main d’Alessandro ? les 2 mains ?

Steven : Animadire-animalire : chèche pour sèche, crocrodile, ti pour qui. Un-le/une-la avec images à placer dans la bonne colonne : commence à être bien intégré. HEI. Graphisme (un-le-une-la), veut faire sans modèle.

 

Samedi 6 Juin

 

Ce matin, nous nous préparons pour aller à Allada, village situé à 43km de Cotonou. Les amis de Théo et Michel, anciens membres de France Volontaire rencontrés samedi dernier, viennent nous chercher le midi. Nous nous rendons en fait à la réception de l’enterrement d’un homme assez important dans le village. Comme le week-end dernier, nous goûtons à de nouvelles spécialités : le Tchep (plat sénégalais à base de riz cantonnais auquel on ajoute de la carotte, du chou et du manioc cuits) et l’abla (pâte de haricot avec de l’huile de palme). Très bon mais 2 assiettes remplies à ras bord, c’est beaucoup trop pour notre estomac !!! Puis sur le chemin du retour, nous nous arrêtons prendre un verre dans un maquis au bord de la route et discutons des pratiques béninoises et françaises sur l’alcool et la façon de s’amuser, ainsi que de politique française. Le soir, nous goûtons à la canne à sucre qu’on nous a offerte jeudi matin. Puis pour la 1e fois depuis un mois, nous nous regardons un film ! Merci Sandra ! Charlie et la chocolaterie a retenu notre attention (le choix était limité car Abel était avec nous). Ah le chocolat…

 

 

Par O'Bénin 2010
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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 19:08

P......purée de patates douces ! comme c'est agaçant ces soucis de mise en page ! Screugneugneu !...... nous sommes vraiment navrées pour le manque de lisibilité.....

 

 

Lundi 24 mai

 

Une belle journée… Réveil un peu avant neuf heures, solide petit déjeuner, puis poursuite de la création de planches de langage oral. Et à 11h30, Tata Monique arrive pour nous coiffer ! Nous n’avons même pas souffert… si peu ! Maintenant, nous voici de vraies béninoises… comme nous le font remarquer Théo et Michel !

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Nous passons une bonne partie de l’après-midi au quartier Missébo, toujours en compagnie de la très gentille Tata Monique, pour acheter du pagne, afin de nous faire faire robes, jupes, bermudas, et nappes. Tellement de couleurs et de motifs ! Carole papillonne… oh, là ! et là ! et… ici ! :D Mathilde est un peu plus difficile, elle a un motif et un coloris précis en tête !

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Vers 17h, passage au Cyber… Heureuses d’avoir des news du « monde » ! Puis, au retour, nous nous arrêtons chez les petits vendeurs d’arachides… Alors que la plus jeune nous sert, Carole prend dans ses bras la toute petite Ipta… pour le plus grand plaisir de sa maman ! Effet Yovo ?

Après le repas, Abel nous ouvre une noix de coco qu’il a spécialement cueillie pour nous ce week-end… Adorable ! Mathilde sait déjà que ce petit là lui manquera ; ). Et puis, leçon de fon !

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Rapide coup d’œil au feuilleton préféré d’Abel (« les feux de l’amour » version indienne, dialogues impossibles !), nous regagnons nos pénates… Dogbé !

 

 

Mardi 25 Mai

 

Arrivée à 10h à La Chrysalide, où là nous ne trouvons… personne ! Quelques enfants sont présents mais aucun animateur n’est là.

 

Mathilde :

Alors que je regardais de plus près le matériel et les livres, Gloria vient me chercher d’elle-même pour travailler ! C’est une jeune fille vraiment volontaire et elle s’applique toujours autant pour exécuter au mieux les praxies, puis les différents phonèmes que je lui propose. Je travaille aussi sa lecture labiale, car elle regarde très peu souvent son interlocuteur.

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Puis j’ai fait le bilan de Quentin, qui comprend et parle le français, mais qui a des difficultés pour lire et pour parler de façon fluide. Thierry m’apprend qu’il a aussi des problèmes d’attention, notamment quand on lui demande d’aller acheter certaines choses, il revient avec un nombre ou même des achats différents de ceux demandés. A la fin de la séance, je lui demande ce qu’il souhaite travailler et sa réponse est une meilleure lecture (plus rapide) et une parole plus claire (pour parler avec ses amis).

 

Carole :

Jean-Bosco : le bilan de ce jeune homme d’environ 30ans se révélera très rapide : la compréhension de Jean-Bosco reste extrêmement limitée, même en fon, et de fait, il ne veut pas travailler (gros soupirs, le pauvre, je l’embête). Praxies imprécises, sans langage (quelques mots mal articulés), compréhension des ordres simples en contexte avec redondances multiples, connaissances lexicales en désignation très succinctes. Schéma corporel échoué. Aucune répétition, due à son refus de s’investir dans le « jeu ». Pas de connaissance des chiffres (simple « comptine numérique »), empan verbal ou spatial nul (compréhension ?). Persévération du « plus » pour la copie de formes géométriques. Au jeu de mémory qui clôture la séance, Jean-Bosco ne comprend pas le tour de rôle, mais comprend bien qu’il faut chercher les doublons.

Edith : début de prise en charge, et suite de bilan : dénomination globalement réussie, avec un mélange de fon et de français. Graphisme : persévération du cercle. Très enthousiaste à l’idée de travailler avec moi.

Olivia : nous reprenons le mémory, qu’Olivia apprécie bien. Puis, entraînement du graphisme avec des pointillés à repasser au feutre (revient sur ses tracés : gribouillage), et avec le dessin du contour de sa main (manque de motricité fine). Rythmes toujours appréciés ! Même si Olivia manque de coordination, elle écoute bien, et s’investit. Comptine du schéma corporel. Praxies en imitation devant miroir : Olivia est très concentrée.

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Dès que je pose mes mains sur elle pour commencer la DNP, miracle ! Olivia vocalise :D /r/, /p/, /f/… pas d’association au /a/ cependant. Mais, c’est tellement encourageant de voir cette petite s’éveiller et prendre plaisir à ses productions vocales !

Le midi, « notre » cafèt est fermée ! Nous nous rabattons sur un mélange riz-pâtes avec du fromage béninois bien pimenté ! Excellent.

 

L’après-midi :

 

Carole  au cabinet :

 M.Konate,  57ans, souffre d’un bégaiement depuis la classe de 6e. Aujourd’hui, seul un bredouillement persiste -dû principalement à un débit de parole très rapide- ainsi que quelques bégayages en période de stress. A près un temps de relaxation, nous travaillons sur des phrases de dictions autour des phonèmes /s/ et /z/ (six saucisses…./je veux et j’exige…), puis sur la lecture à haute voix.

Francky nous présente le travail effectué chez lui : s’imaginer devant un public et se présenter, dire son état émotionnel quand il se retrouve confronté à une situation difficile en rapport avec son bégaiement, puis raconter une histoire, une anecdote personnelle. Nous comparons ensemble ce travail préparé à sa première réponse donnée lors de la séance précédente. Francky prend toujours son temps pour répondre, plus qu’une recherche de mots, il s’agit ici pour lui d’être sûr de la réponse qu’il donne.

A Prince Mahugnon, je propose tout d’abord un jeu d’encastrement (chiffres de 0 à 9) afin d’exercer ses capacités logiques et sa discrimination visuelle, puis avec moi, il désigne les chiffres que je dénomme. Après un exercice de graphisme (laborieux), nous reprenons le schéma corporel, d’abord par le dessin du bonhomme, puis par le puzzle : il se souvient bien ! Enfin, nous abordons une étape supérieure dans la prise de conscience du corps : l’habillement de personnages. A reprendre, Mahugnon ne comprend pas.

Avec Kamal, nous continuons le travail oral des phrases à partir d’images séquentielles (time&growth, sequencing, tilt). J’insère des mots de liaisons que Kamal reprend bien (après, alors, et puis).

 

Mathilde

: ayant vu avec Carole tous les enfants le matin, je fais avec Vitale et Thierry une activité de puzzles avec les enfants présents. J’aide Jean Bosco, un adulte handicapé mental, qui a d’importantes difficultés pour placer de lui-même les pièces. Puis je rentre à pieds en faisant un petit détour par le cabinet d’Edith, pour aller chercher Carole.

 

Mercredi 26 Mai

 

Bon anniversaire Thierry !

 

Mathilde : Au cabinet d’Edith, je prends en charge :

-         Kamal, qui s’améliore en dénomination et reprend la consigne « Donne-moi » pour le jeu des associations par paires. Dans les histoires séquentielles, il reprend quelques verbes vus la veille avec Carole.

-         William, aujourd’hui très dissipé dès son entrée, en essayant de prendre tous ce qui est sur le bureau. L’activité de dénomination et d’association par paires est difficile mais certains mots sont retrouvés. Un nouveau jeu sur les couleurs est tenté, mais c’est un échec. Colorama est repris, mais William n’est plus attentif.

-         Florian, avec qui j’ai lu le 1er chapitre de Tom Sawyer, et il a répondu à des questions sur le texte. Il m’a dit qu’il a bien aimé le début de ce livre. Malheureusement, il retourne en France vers la fin juin, donc il faut organiser les dernières séances.

-         Lina, qui ne retient toujours pas les déterminants. Les histoires séquentielles restent difficiles.

 

Carole : Tous les enfants ne sont pas là aujourd’hui au RBC 5.

Cyprien : excité. SOF : langue plus en extension. Jeu symbolique : rentre peu dedans, s’intéresses plutôt au tam-tam. Cubes avec figures géométriques à encastrer : +, attentif ! Livre : très enthousiaste, babille (bilabiales > Fiche du /b/ ) : travailler bilabiales ++ insertion syllabes

Marc : devant miroir, articulation /k/ -/p/ en syllabes. /i/ = non  repris. Souffle : petites bulles uniquement. Très patient pour encastrer, puis pour faire une tour. Livre : Marc affirme que bébé singe « dort » ! poursuivre dans cette voie : articulation

Janice : proposition d’un mémory de 4 images, à la suite d’une vérification du vocabulaire (déno.désign) et d’une mémorisation spatiale « terme à terme » ;  mémory « où est l’image qui commence part ? » : : bien réussi ! Puis  fluences phonémiques (ba) : + ; et fluences de parties du corps, mémorisation/attention coordination de gestes associés à une onomatopée= aïe aïe. S’affirmer dans son corps : travailler devant miroir. Aide images pour mémoire/fluences

Morel : SOF : bien détendu, bonne utilisation des lèvres, beaux progrès en extension de langue. Travail de la perle difficile, à poursuivre. Voir avec le tableau à double entrée, et PBF miroir+ parole

Miracle : SOF (agitée), schéma corporel, livre, miroir

En fin de matinée, atelier langage : compréhension (se lever et dire son prénom, mime) et expression simple (prénom, syllabes et onomatopées par le biais de comptines).

A midi : je donne son repas à un petit enfant (3ans) IMC et épileptique… ma première fois !

Axelle : vérification du travail d’évocation autour du verbe « grandir », puis interrogation de vocabulaire à partir des définitions des mots croisés travaillés dans en précédente séance. Evocation/représentation mentale « si j’étais… ». voir phrases à relier représentation mentale, LL

Jeudi 27 Mai

               

 Matinée aux Hibiscus, où Edith nous a proposé de prendre en charge certains enfants.

 

Mathilde a commencé avec Joël, le jeune enfant avec une hémiplégie droite, et a travaillé avec lui sur les nombres de 0 à 15, car il fait beaucoup d’inversion dans les nombres et écrit certains chiffres à l’envers.

 

Carole s’est chargée de Josias et d’Axelle.

A Josias, j’ai proposé un exercice de reconnaissance de couleur et de formes géométriques, en insérant la notion de grandeur. A l’exercice de dénombrement, pourtant ludique (coloriage de bonhommes selon le chiffre indiqué), Josias s’est montré très agité (lance le crayon, part en courant…) : difficile de travailler (et de bien réagir) dans ces conditions !

Avec Axelle, nous avons travaillé la compréhension écrite (texte à lire et questions). J’ai bredouillé quelques signes, et accentué mon articulation pour favorisé sa lecture labiale… Cela s’est bien passé, hourra !

Edith s’est occupé de Jean-Daniel, le jeune trisomique qui ne tenait pas en place, et de Bissi, sourde et portant ces appareils aujourd’hui (travail sur l’association chiffre écrit/quantité).

               

L’après-midi, nous sommes retournées au quartier des friperies, et nous avons chacune encore craqué pour un pagne ! Puis petite balade dans le centre de Cotonou, déjeuner chez « une bonne femme » ou « tantie » (=une femme préparant de la nourriture sur le bord de la route, que l’on peut manger sur les bancs situés auprès de son étal).

                Puis, toujours à pied, après quelques courses, nous avons retrouvé Tata Jeanne, Vitale et Thierry à la Chrysalide. Nous leur avons remis un don de 1500000 FCFA pour qu’ils puissent faire réparer le bus de la structure, indispensable à la venue des enfants. Difficile de ne pas se sentir mal à l’aise face à des applaudissements que nous estimons immérités, car en regard de tout ce que les bénévoles de la Chrysalide font pour les enfants, notre apport financier est bien peu de chose !

Dîner tranquille, préparation des séances de demain, et… fête de notre 1er mois au Bénin, en nous régalant de beurre de cacahuètes !

 

Vendredi 28 mai

               

Mathilde : RBC Cotonou 4, dans l’un des quartiers les plus pauvres de la ville.

A notre arrivée, il n’y avait personne à part le gardien et un élève révisant sur un banc. Puis nous rencontrons Hermione, responsable du centre. Arrive par la suite Suzanne, une bénévole. Enfin, le premier enfant, Alfred un adolescent de 17 ans souffrant d’un retard mental et qui se cache souvent le visage dans ses bras. S’il évite notre regard, il est pourtant très observateur lorsqu’il s’agit de scènes extérieures à lui. On fait avec lui des jeux d’encastrement, d’association par couleurs, de graphisme (très difficile), un jeu de balle et souffler des bulles. A la fin de la matinée, Caroline lui propose un parcours (marcher sur un banc, sauter au-dessus d’un coussin) qu’il réalise avec quelques difficultés. Au niveau des petits, je m’occupe de Daniel (« Dani » pour les intimes) qui a une bouche très dynamique au niveau de la langue (la sort, la met sur les côtés…), des lèvres (ouvre souvent la bouche mais sait la fermer pour déglutir) et surtout des maxillaires (mord la pipette et ne la laisse pas sortir facilement, et grince beaucoup des dents) ! De plus, c’est un petit qui pleure très souvent, ce qu’il n’a pas manqué de faire peu après son arrivée, mais dès que j’ai commencé à être avec lui, il m’a fait de grands sourires et ce pendant toute la séance. J’étais aux anges ! Puis retour à la case pour manger avec Carole.

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Carole :

Ce matin, entre autres, j’assiste au bilan du jeune Elisé, ayant de forts traits autistiques, voire psychotiques.

Puis, je suis :

Alessandro : compter de 1 à 10, écrire, entourer…

Jean-Daniel : puzzle du bonhomme, et dessin, en parallèle d’une désignation sur soi : le schéma corporel commence à être bien connu. Apprentissage des couleurs à partir des feutres bleu, rouge, vert et jaune (marchande). Langage à partir d’images.

Steven : il s’investit dans les jeux proposés : HEI bien remises en ordre, et bon langage. Travail du masculin/féminin assimilé, malgré quelques hésitations. Ecriture en copie, puis comptage.

 

           Samedi 29 Mai

 

Un week-end chargé en perspective !

Aujourd’hui, nous sommes invités à la communion des 2 enfants de Théo, Cédric et Céline. Nous arrivons avec Abel et sa maman à la fin de la messe et assistons à la sortie des communiants (75 en tout). Au Bénin, la communion se fait à partir de 10 ans, c’est pourquoi les communiants étaient d’âges très divers (de 10 à 20 ans environ). Après quelques photos de famille et amis (nous sommes sur l’une d’elles), nous prenons la direction de la maison de Théo.

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Nous sommes reçus dans son salon, et bavardons avec Cédric, Céline et Abel. Les maisons béninoises se présentent ainsi : une pièce pour recevoir, puis le reste de la maison se poursuit derrière, séparé par un rideau. Puis nous rejoignons les autres invités sous un « barnum » dans le jardin (= une bâche tenue en l’air par des bâtons de bois). Petit apéro (noix de cajou et Rosso), puis entrée (haricot en sauce et saucisses) et plat (riz cuisiné et poisson), accompagné d’une béninoise (et quelques gorgées de sodabi pour Carole) et d’un bissap (le meilleur qu’on ait goûté depuis notre arrivée) ; un déjeuner qui a ravi nos palais ! Nous discutons un peu avec tout le monde, puis vers 17h, nous mangeons de l’ablo et du lapin (qu’élève Théo dans des clapiers dans son jardin).

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Puis nous sommes raccompagnées par des anciens membres de l’AFVP (association à laquelle appartient la case et dont les bureaux sont situés juste au-dessus de la case) dans une décapotable à 4 places sachant qu’on était 6 : vous allez dire que l’on se plaint tout le temps mais restez 1h30 dans une voiture avec 1 moitié de fesse sur un siège et l’autre sur un rebord en plastique surélevé, roulant sur des routes cabossées comme jamais vu en France et vous comprendrez !!! Bref, après un petit arrêt chez un de leurs amis où le sodabi nous est encore proposé, nous arrivons à bon port chez nous. Samedi prochain, ils nous emmèneront la ville d’Allada.

Le soir, nous nous rendons à l’anniversaire de Sully (Sullivan), le copain de Caroline, qui fête ses 30 ans. Beaucoup de Béninois et d’expatriés se sont retrouvés. Des gâteaux apéros, des pizzas maison et des salades composées étaient proposés : nous n’avons jamais autant mangé depuis notre arrivée ! Nous avons même dansé (très peu car les Béninois sont très doués pour danser !).

Une très bonne journée au final, mais pas mécontentes de retrouver notre lit à 00h30 ! Dogbé !

 

Dimanche 30 Mai

 

Ce matin, nous sommes à la messe de l’église Saint-Jean, avec Vitale et Claudine Daizo. Puis nous passons la journée avec les enfants de la Chrysalide, Vitale et Thierry, et les membres d’une association religieuse s’occupant des personnes handicapées. Chaque dernier dimanche du mois, ils se réunissent avec les enfants de la Chrysalide. Le matin est consacré à la prière, aux chants et à la récapitulation et l’explication des grands moments religieux du mois. Puis déjeuner tous ensemble (on aura vraiment bien mangé ce week-end !). Pour digérer, les enfants font l’animation en chantant et dansant, entraînant ainsi tout le monde sur la piste de danse. Puis activités de groupe autour de jeux de société et de graphisme sur ardoises. 

 

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Par O'Bénin 2010
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 18:14

19 Mai 2010

 

Mathilde

 

: Journée au cabinet d’Edith où je prends 5 patients en charge :

 

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Kamal, qu’a rencontré Carole hier. Je poursuis les exercices de dénomination en situation PACE et il rentre bien dans le jeu. Histoires séquentielles : il se souvient de certains verbes et dit toujours pour la dernière image « Il a fini ».

-

William, qui m’a fait le plaisir d’être attentif pendant toute la 1ère activité de dénomination en situation PACE (15 minutes, quand même !). Echec des histoires séquentielles : sait remettre dans l’ordre mais manque du mot trop important pour décrire les cartes. Colorama : en a très vite assez.

- Florian, le jeune français présentant des troubles du langage écrit : je lui ai proposé de la complétion de phrases avec des noms, puis avec des adjectifs pour renforcer leur reconnaissance. Puis reprise du texte « Frank le fantôme grassouillet » et des exercices. Je lui ai proposé qu’à partir de la séance prochaine, on lise un livre chapitre par chapitre et il répondra à des questions de compréhension et de grammaire que je préparerai.

- Epiphane : travail sur les parties du corps en dénomination, puis en désignation : difficile. Puzzle en bois : ne réussit qu’à remettre les 4 dernières pièces. Ecriture de son prénom : EPPIh, et échec même en copie. Ecriture des chiffres de 1 à 10 : connaît les 5 premiers et le 7=> à travailler.

Edith a pris en charge Prince le jeune IMC, Nathan l’autre français présentant des troubles du langage écrit, Imad ayant des troubles d’articulation et Esmeralda la petite fille sourde.

Fin de journée à 18h.

 

Carole: Ah, le RBC 5 ! Du pur bonheur à chaque fois… J’ai pris en charge tous les enfants… je me sens… Orthophoniste ! :D !

8h30 :

Cyp’ était très joyeux aujourd’hui : impossible de le cadrer sur un jeu décidé par moi ou Caroline, mais, posant son attention sur un calendrier, il s’est extasié devant les images, dans le babillage constant, ce qui constitue un progrès considérable. SOF, comptine de prise de conscience du schéma corporel et logique élémentaire de tri de cubes.Il sera intéressant de l’inciter au jeu symbolique, et de là, à la parole et au langage.

Marc est stupéfiant aux stimulations oro-faciales : sa langue acquiert une mobilité de plus en plus précise, d’abord en extension vers le haut ou vers le bas, mais surtout, et c’est là le progrès le plus encourageant, sur les côtés (vive le miel comme stimulant !). Sa fermeture de bouche est bien meilleure. Il est très concentré et cherche vraiment. Sa gestion du souffle est à travailler, notamment la prise de conscience des possibilités de variation long/court/fort/doucement (vive les bulles de savon !). Après un exercice simple de dénomination (j’apprends le fon en même temps que le petit), nous attaquons un travail d’articulation ciblé sur l’opposition des consonnes antérieure/postérieure /k/ -/p/, par l’intermédiaire du tour de rôle et avec l’appui de la DNP. Un bain de langage (livre sur les enfants d’Afrique) vient clore la séance. La prochaine fois, nous continuerons le travail d’articulation antérieure/postérieure (comptines de logatomes + mots en fon).

 

Morel se montre lui aussi très concentré aujourd’hui, tant et si bien qu’il parvient parfaitement à aller chercher le miel déposé sur sa lèvre inférieure avec sa langue. Les massages décontractants sont efficaces sur l’hypertonicité générale du visage. L’exercice de mobilité linguale avec la perle à passer d’une joue à l’autre est bien réussi, en revanche il lui est plus difficile de maintenir cette même perle sur sa langue tirée à l’extérieure de la bouche (trop basse). Aux exercices de désignation et vocabulaire, puis de répétition de syllabes, fait suite une écoute de séquences rythmiques à reproduire : Morel éprouve quelques difficultés au début, mais comprend finalement cet exercice de gnosies auditivo-perceptives et de mémorisation, et malgré quelque fatigue, s’en tire avec honneur. Pour finir, il effectue le jeu de logique des poupées gigognes finger in the noze, bravo à lui !

A travailler : l’habilité motrice (tonicité et précision) avec la perle, la tenue d’objets avec les lèvres.

 Miracle et Kyria sont prises en charge ensemble par Caroline et moi-même. Les SOF s’effectuent dans le calme et la concentration pour Kyria, mais Miracle supporte mal la séparation d’avec sa dada… Heureusement, les comptines du schéma corporel recentrent son attention. Initiation aux habilités pragmatiques avec la mise en place du tour de rôle (tour de cubes, ballon), ce qui travaille parallèlement l’habilité praxique (préhension, coordination oculo-motrice, précision du geste). Enfin, travail de l’équilibre statique et de la marche (chanson), face au miroir afin d’affirmer la prise de conscience de son corps.

Avec Kyria, il conviendra de travailler la motricité linguale en contre-poussée, et, puisqu’elle est près du langage, l’apprentissage de vocabulaire à partir d’images d’objets du quotidien. Quant à Miracle, il faut l’inciter à prendre davantage part aux activités, et susciter des réactions vocales., est une jeune fille de 10ans que je vois pour la première fois. Très immature, elle souffre de trouble d’attention et de mémoire. Nous travaillons les fluences verbales (animaux) pour exercer la mémoire. L’exercice du tableau à double entrée pagnes de motifs différents/figures ainsi que l’exercice d’appariement tête/corps/jambes d’animaux, abordés ensuite visent à travailler le raisonnement logique.

Daryl…Comme d’habitude, je le place face au miroir, assis entre mes jambes, son dos calé contre mon ventre, afin de lui offrir un enveloppement sécure. Je lui propose une écoute et une imitation de rythme sur djembé, mais Daryl, après un essai, ne se prend pas du tout au jeu : il préfère s’assoir sur l’instrument ! Aujourd’hui, le miroir semble le perturber, aussi je change de position pour nous placer face au « miroir -ortho », face à Caroline donc. Nous lui faisons prendre conscience de son corps par les manipulations coordonnées (nager, pédaler, boule…) des jambes (Caroline) et des bras (moi), en y associations des comptines, un bain de langage simple et redondant : là Daryl se décontracte complètement, tout à ses sensations, et au bout d’un temps, va même jusqu’à me faire faire les mouvements (ses mains étant posées sur mes avants-bras), en les associant à des /m/ plus ou moins courts, que je reprends en y associant des modulations et des voyelles (/a/ et /i/, ce dernier phonème à la suite d’une de ses productions, qu’il ne renouvellera malheureusement pas). Nous concluons la séance par les bulles de savon : Daryl toujours contenu par moi (il adore ce fauteuil, se cale ! A un moment, je relâche la contention en étendant mes jambes, et Daryl prend celles-ci pour les ramener en tailleur !), et Caroline soufflant devant lui. Il s’exclame, suit du regard les bulles, je l’incite à suivre mon doigt (pointage et attention conjointe), avec deux succès ! Un moment, sur un accord mutuel, Caroline et moi cessons le jeu : Daryl prend alors la main de Caroline et l’approche de sa bouche pour qu’elle souffle ! Trois fois le même schéma. Enfin… quand Daryl se lève pour quitter la natte, il se retourne et nous croisons nos regards pendant… une éternité ! 3 secondes de bonheur. En sus de tout le reste… A poursuivre : schéma de séance tel qu’aujourd’hui, pour que le rituel soit sécure et de là que des variations soit possibles, + attention conjointe/pointage des bulles, focalisation du regard par un rouleau de PQ, conscience du corps en l’enroulant dans un pagne.

14 h :

ma première réunion de synthèse ! Caroline et moi discutons de chaque enfant, et établissons des pistes de rééducation.

15h30 :

Je vois Axelle, et baragouine du langage des signes… Poursuite du travail de représentation mentale à partir d’images, en parallèle du langage écrit et de l’articulation. Puis évocation à partir du mot « grandir ».

A la prochaine séance, nous reprendrons le vocabulaire après il y a deux semaines par l’intermédiaire des mots croisés, puis poursuivrons l’exercice de représentation mentale.


19h :une journée comme je l'aime !

 

Jeudi 20 mai

 

Nous décollons à 7h30 de la Case, pour passer la matinée à l’Ecole des Hibiscus. Cette école, accueillant les enfants de la maternelle 1 au CM2, intègre des enfants handicapés moteurs et/ou mentaux.

 Nous voyons en rééducation :

 Ajad  est un petit garçon hydrocéphale se déplaçant à quatre pattes, et sans langage oral. Il comprend bien les ordres simples. Avec lui, un travail de praxies bucco-faciales est effectué devant miroir, puis un essai de vocalisation sur /a/. Enfin, un jeu d’encastrement lui est proposé, associé à une imprégnation du vocabulaire des formes géométriques. Ce jeu provoque des productions vocales, et révèle chez Ajad une bonne mémoire de la place des éléments, ainsi qu’une bonne stratégie d’essai (il regarde chaque pièce quand il l’enlève de sa place, et tâte celle-ci).

 Joël, 8ans, a souffert d’un ictère néonatal, qui lui laisse aujourd’hui une hémiplégie droite. Ayant eu un retard du langage oral, il souffre aujourd’hui d’un trouble du langage écrit, ainsi que d’une dyscalculie (lecture et écriture des chiffres et nombres). C’est pourquoi, après un temps de lecture de chiffres, une dictée de nombres lui est proposée.

 Jean-Daniel est un jeune enfant trisomique. Très dissipé, l’exercice de dénomination des couleurs et des formes géométriques se révèle laborieux (persévérations). La désignation est elle aussi échouée, ainsi que le classement par couleur… Par contre, le graphisme, passer sur les pointillés, est bien réussi, tout comme la dénomination d’images connues.

 Bissi, 10ans, est une jeune patiente sourde. Aujourd’hui elle ne porte pas ses prothèses auditives, oubliées chez elle. Un exercice d’écriture de voyelles lui est proposé, en copie et à partir de la lecture labiale. Elle comprend bien la consigne d’écrire son prénom, mais pas celle d’écrire son nom. Enfin, elle doit compter les objets dessinés sur une planche d’activités.

 Josias, 7ans, est un enfant hyperactif (ictère néonatal), très distractible. A la dénomination d’images, il passe par le mime, et la désignation des objets en réel. La séance est impossible à poursuivre, l’enfant étant trop agité.

Axelleest la jeune fille sourde que Carole suit au RBC 5. Aujourd’hui, l’attention est portée au visage, pour minimiser l’utilisation de la langue des signes. Un exercice écrit d’homophones grammaticaux lui est proposé. 

 

Vendredi 21 Mai 2010

 

Mathilde : Départ à 8h40 pour le RBC Cotonou 6 : mon 1er vendredi !!! Entre les congés et autres… Bref, c’est un centre qui marche très bien, où travaille bénévolement Tata Monique (dont nous avait parlé les filles). Après quelques activités de graphisme et de jeux d’encastrement avec les grands, nous faisons un grand jeu d’évocation en se passant une balle : chacun doit dire [pa] ou [ti]… Ce eju réunissait tous les grands, avec des handicaps très différents : déficience intellectuelle, IMC, surdité, trisomie.

Puis travail des petits avec des stimulations oro-faciales (mes premières d’ailleurs, avec Rufis un jeune enfant de 3 ans hypotone mais ayant beaucoup progressé : spécial clin d’œil à Charlotte !!!).

Puis un grand jeu avec des planches et des images : Caroline ou moi décrivions la carte et les grands devaient retrouver l’image sur leur planche.

A la fin de la matinée, Caroline et moi remplissons le cahier de présence avec les observations de la matinée. Puis tata Monique m’annonce qu’elle fait coiffeuse et esthéticienne, et vend des bazins (= tissus pailletés pour les habits de fête). Elle propose même de venir nous natter lundi ! Après en avoir parlé avec Carole, nous allons sûrement la recontacter pour qu’elle vienne lundi…

Début d’aprèm occupé par la lessive, puis retrouvailles avec les 4 étudiants de l’ESSCA revenant de leur périple dans le nord. Un petit tour au cyber pour vous donner des nouvelles.

 

Carole :journée au cabinet. Je suis les patients :

M. Akinocho, 82ans, AVC en 2007, mémoire, lecture/écriture. Sur le thème des métiers, définitions de mots et définitions données retrouver le mot (oral), puis reconnaître les noms de métier et les entourer (lecture).

Jean-Daniel, 7ans, T21. Planche de dénomination/désignation des parties du corps + transposition sur soi. Livre sur les animaux.

Alessandro, 6ans, malformation cérébrale, RLO +dyspraxie. Lexidate 3-6ans : HEI (remise en ordre) et logique (chaud/froid).

Sia, 11ans, dysorthographie-dyscalculie. Nous travaillons les notions de double/moitié, pair/impair, entre, plus grand/plus petit que, multiple de, divisible par… par l’intermédiaire du jeu « la bataille des nombres ». Puis des problèmes simples permettent de travailler la compréhension de consignes. 

Karline, 3ans, est bilantée par Edith. Cette petite, comprenant uniquement le fon (bien), souffre d’insuffisance vélaire, mais fait de grands efforts pour répéter.

 

Samedi 22 Mai

 

Nouvelle visite au programme : la ville de grand-PoPo !

 

Située à l’embouchure du fleuve Mono (la bouche du roi), cette ville autrefois très développée sous l’impulsion coloniale, est aujourd’hui presque abandonnée, en raison de l’avancée de la mer sur presque 10km.

 

Ce week-end, c’est la fête de la Pentecôte, et c’est justement la fête des popos (pêcheurs) ! Au programme 3 jours de fête.

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Nous partons le matin avec nos 4 compères de l’ESSCA, à la recherche d’un taxi-brousse. Notre 1er d’ailleurs, et nous nous en souviendrons (plus précisément les fesses de Mathilde s’en souviendront et le cou de Carole !). Je décris la situation : 6 + le chauffeur dans une voiture à 5 places : pas de problème, comme disent si souvent les Béninois ! Résultat 4 à l’arrière et 2 devant avec le chauffeur ! Et devinez qui a eu droit à l’entre-deux sièges et au lever de vitesse dans les genoux ??? Mathilde bien sûr !

 

Après 1h45 de route, nous voici arrivés à Grand-Popo.

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Après un court repérage des lieux et un trempage de pieds dans l’océan, nous embarquons en zem en direction des pirogues, en compagnie de Roger Roc, un guide originaire de la Côte d’Ivoire et qui a vécu 6 ans à Carcassonne étant petit.

 

A l’embarcadère, nous visitons d’abord les maisons coloniales françaises et portugaises, situées les unes face aux autres. La 1ère maison coloniale française se reconnaît grâce au coq sculpté au-dessus de la porte. Plus loin, une lanterne à la française pend sur un mur. Les maisons sont en ruine, et quelques habitants y vivent, malgré les pans de mur ou de toit détruits. Du côté portugais, nous voyons la prison où étaient enfermés les esclaves. Ceux-ci étaient échangés contre de la terre rouge, nécessaire à la construction des maisons. L’histoire veut que lorsque les Français arrivèrent, ils saluèrent tous les Béninois par un « bonjour ça va ? » et que les Béninois se fâchaient, ne comprenant pas ce que cela signifiait. Puis les Français et les Portugais se firent la guerre, et comme les Français délivraient les esclaves retenus par les Portugais, les Béninois aidèrent les Français à gagner cette guerre. Puis les deux populations colonialistes quittèrent le pays.

 

Puis balade en pirogue, sous un soleil ennuagé, donc chaleur clémente. Le paysage est magnifique... Visite des mangroves, nous sommes même rentrées dessous et là, c’est un petit paradis : entourés par la plante et les chants d’oiseaux, on se croit dans un monde à part… Magique !

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Puis nous accostons devant la case d’en face pour goûter aux noix de coco : les vertes et les bien mûres comme l’on trouve chez nous ! Nous avons assisté à leur « cueillage » et vu le jeune garçon monté à l’aide de ses pieds et mains seuls : impressionnant !

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Enfin, nous repartons en pirogue pour atteindre le village vodoun de Héve. Accueil très chaleureux par les « frères » de Roger Roc, qui est une star dans ce village. On nous propose du sodabi (seuls Carole et Pierre se servent) et du tchouk (fermentation d’une plante germée (sogo) et de terre). Les maisons sont construites avec un mélange de terre, permettant de garder l’intérieur frais.

Nous voyons les différentes statues des dieux vodouns. Parmi elles, la première que nous voyons est la gardienne du village. Nous observons aussi un arbre datant du XVe siècle ; normalement, lorsqu’on coupe cette espèce d’arbre ici, il ne repousse pas, sauf celui-ci, c’est pourquoi il est sacré ; les couples viennent s’enchaîner à cet arbre pour garantir la longévité de leur mariage, ou pour avoir un enfant : pas d’argent, seul un pagne est demandé qui est accroché à l’arbre ; par la suite, lorsque la demande est exaucée, ils doivent donner de l’argent sous peine sinon d’être recouvert de pustules comme celles présentes sur l’arbre et d’en mourir en 7 jours. Puis nous nous retrouvons en face d’un couvent dans lequel sont enfermées les femmes possédées, contraintes d’y rester quelques années nues avec seulement un pagne blanc très court autour des reins, et nourries grâce à l’argent donné quand des gens viennent visiter le village ; au terme de ces années de réclusion, elles peuvent sortir pour se marier mais doivent garder les seins nus. Nous rencontrons même la reine des vodouns du village, mais malheureusement nous ne pouvons assister à une cérémonie vodoun, car elles ne commencent que le soir. Nous apprenons qu’il existe 41 divinités vodouns, dont 17 sont pour les femmes et le reste pour les hommes. Être adepte du vaudoun signifie adorer la divinité, mais être initié signifie connaître les rites et tout ce qui concerne la divinité.

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La fin d’après-midi, nous la passons à l’hôtel Awale Plage, où nous sirotons de délicieux jus d’ananas et de citron. Puis baignade (de courte durée malheureusement à cause du courant vraiment trop fort) et séances de bronzage sur la plage ! Après un 2ème verre pour la route, nous rentrons vers Cotonou en taxi-brousse, mais cette fois-ci dans un 9 places (bon nous sommes 12 dont une petite fille sur les genoux de ses parents, mais réellement nous sommes un peu mieux installés qu’à l’aller !).

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Une très bonne journée donc, à refaire si possible dans le séjour, surtout que plusieurs lieux sont à voir autour de Grand-Popo.

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Le soir, pour fêter le départ des 4 étudiants de l’ESSCA, nous mangeons dans une pizzeria du quartier. Puis dodo bien mérité !

 

 

Dimanche 23 Mai


Dur dur le réveil après une journée comme celle de la veille ! Matinée tranquille : Caroline passe à la case et nous lui montrons nos créations de matériel. Déjeuner en compagnie des étudiants de l’ESSCA, puis repos (on commence à prendre le pli béninois !!!). Petite balade sur la plage.

 

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Le soir, dernier dîner avec nos comparses, et à 22h, ce sont les adieux ! Mais nous resterons en contact pour échanger les photos, et pour se revoir de retour en France !

 

Par O'Bénin 2010
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 17:38

Jeudi 13 Mai 2010

 

 

9h30 :

 

Que c’est dur de se lever ce matin ! (je précise que pour nous c’est tard car nos levers habituels sont + de l’ordre de 8h-8h30). Résultat la matinée est déjà bien entamée.

11h30 :

 

ça y est nous prenons enfin le temps d’aller au cyber pour donner des nouvelles par internet (surtout Mathilde qui n’y était pas allée depuis… oulà !).

13h :

 

Nous rencontrons Amandine, une orthophoniste fraîchement diplômée de l’école de Liège qui passait 2 mois à Cotonou, et qui repart dimanche prochain. Déjeuner dans son quartier à Midombo (et 1 nouvel endroit à découvrir par la même occasion).

14h30 :

 

Nous rencontrons IB (=Ibrahim), un jeune Ivoirien qu’a rencontré Amandine. Il nous emmène dans sa boutique où il vend des sculptures et des bijoux en ivoire et en bois et des peintures, qu’il fait lui-même avec son frère. Puis nous sommes rejoints par Peace (de son vrai nom Noémie), une amie d’Amandine qu’elle a rencontrée dès le début de son séjour.

17h

 

: Nous partons en direction de la maison d’IB (encore en construction donc future maison !), qui est située au bout de notre rue ! Mais quand je dis le bout… notre rue est vraiment vraiment longue !!!Puis nous descendons sur la plage et savourons l’air marin.

19h :

 

Nous sommes raccompagnées à la case, nous échangeons nos numéros. Nous les reverrons ce week end pour fêter le départ d’Amandine. En conclusion, très bonne journée d’Ascension !!!

 

Sur la plage, Peace avait commencé à nous raconter 1 histoire sur les sirènes. Donc le soir même, Mathilde demande à Abel de lui raconter cette histoire que j’ai retranscris sous sa dictée (mot à mot pour la plupart des phrases donc excusez-moi s'il y a des erreurs, mais Abel tenait à ce que j'écrive exactement ce qu'il disait!!!). A la fin du récit, j’apprends que cette femme s’est enregistrée pour vendre des cassettes sur lesquelles on la voit raconter son histoire, à laquelle beaucoup de Béninois croient.

 

Histoire de la sirène

 

 

  Il y avait une femme, avant qu’elle accouche, elle est partie voir les sirènes. Elle leur a demandé de faire en sorte qu’elle accouche sans problème. A l’accouchement, l’enfant était né sain et sauf. La femme avait promis de faire un sacrifice aux sirènes.

  Un jour, l’enfant était allé à la plage avec son copain, quand une grande vague est venue et a prolongé (=emporté) le garçon très loin. Quelques instants après, une sirène est sortie de l’eau et est venue demander le nom de la fille. Quand la fille lui a dit son nom, la sirène lui a dit de la suivre. Alors elle a été formée par la sirène.

  Quelques jours après, la fille est rentrée chez elle. Sa mère lui a demandé où elle était. Alors elle a dit qu’elle était chez son copain. Dans la nuit, elle tua sa mère, puis son père, ses frères et sœurs, et enfin ses grands-parents. Elle est restée seule. Elle est retournée voir la sirène, qui lui a donné le pouvoir de voir à travers le ventre des femmes et d’enlever les bébés des ventres.

  Un jour, elle était allée au marché. Là-bas, il y avait une femme qui était en état (=enceinte). Elle voulait acheter au même endroit que la fille. Alors la fille a regardé à travers le ventre et a enlevé l’enfant. Quand la femme est allée à l’hôpital, les médecins ont fait tout leur possible mais la femme ne pouvait plus accoucher. Alors son mari l’a quittée en la traitant de « é so si dji vi a » (femme stérile en fon).

  Un jour, la fille allait à la messe. Lorsqu’on priait, le feu du christ l’envahit (= « zo mahu ton main »). Et elle a disparu. Elle est repartie voir la sirène. Le dimanche, elle est repartie à la messe. Elle a trouvé un beau garçon et l’a emmené voir la mer. Quand ils marchaient, le garçon voyait le sol, or la fille voyait la mer. A un moment, le garçon constata qu’il y avait de l’eau sous ses pieds. Il a dit « pourquoi de l’eau sous mes pieds ? ». La fille répondait que ce n’était rien. Alors ils rentrèrent dans la mer. La fille alla remettre le garçon à la sirène qui le tua et le ressuscita. Elle lui donna aussi des pouvoirs pour aider la fille en cas de besoin. Par exemple, il était capable de tuer à distance.

  Un jour, on envoya la fille tuer des gens, et elle se transforma en un grand oiseau. Là rayonnait une immense prière qui la fit tomber et elle se transforma en fille. Alors on lui a demandé de parler, de dire tout ce qu’elle savait, qui l’avait envoyé. La sirène lui envoya un grand pouvoir pour l’empêcher de parler et pour la paralyse. Alors le pasteur se mit à prier, prier, prier jusqu’à ce que la fille se relève et dise tout. On a fait une prière pour enlever son pouvoir satanique. Depuis ce jour, elle est devenue une vraie chrétienne et dirige la chorale de l’église. Elle est devenue la femme du pasteur.

D’après Abel Hounnou

 

           Vendredi 14 mai2010

 

Ce matin au programme : boulot ! En effet, nous devons créer du matériel pour nos futures séances. Mais quel est le problème sachant que Carole et Mathilde sont des stars du dessin comme tout le monde le sait ! Heureusement nous avons trouvé des modèles sur les livres des centres RBC et sur les dessins de la Chrysalide (merci Hélène !!!). Repas purement béninois ce midi : akassa enrobé de feuilles vertes, les premières brochettes de Mathilde, piment, ananas ! Promenade sur la plage en empruntant un nouveau chemin dans les vons juste à la sortie de chez nous. Au bout d’un certain temps, Carole n’y tient plus : allez hop ! à l’eau ! et toute habillée ! (photo à l’appui !). Puis le soir petit repas de fruits bien rafraîchissant ! Quel vendredi de l’ascension !!! Exténuant !

 

 

15 mai 2010

 

Petit samedi tranquille : préparation des séances de la semaine prochaine (Mathilde a 3 enfants à prendre en charge lundi et Carole cherche de nouveaux scénarii pour travailler les activités de vie quotidienne au centre RBC), création de matériel, mémoire pour Carole. Puis après-midi plage avec Amandine, l’orthophoniste rencontrée jeudi, et bien sûr baignade !!!

 

16 mai 2010

 

Aujourd’hui, visite de la cité lacustre de Ganvié (littéralement « collectivité sauvée » ou encore « territoire de la paix », nom tiré de l’histoire, alors que les razzias esclavagistes des rois d’Allada et d’Abomey contraignirent les populations à chercher refuges dans les marécages). Surnommée la « Venise de l’Afrique », cette bourgade lacustre est construite dans le delta du fleuve Ouémé, qui prend sa source au nord du Bénin. Les « touffinous « (habitants de l’eau) habitent des cases à l’ossature constituée de pieux en bois sur lesquels viennent se greffer des branchages tressés. Partout sur le lac, on pêche soit à l’épervier, avec un filet lesté lancé dans l’eau, soit à partir des akadja, avec des pieux et des branchages formant enclos où sont pris aux pièges les carpes, silures, soles, tilapias, mulets…

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L’après-midi, nous effectuons une longue promenade le long de la grande rue d’Abomey-Calavi, à la recherche de la route menant vers Cotonou. En nous paumant dans une von écartée, nous rencontrons quelques « yovos yovos bonsoir ça va bien merci » !!!

 Le soir, fin de création d’un début de jeu de désignation/appariement…

 



17 mai 2010

 

7h45 : Un bonjour bien pluvieux ce matin, avec tonnerre et éclairs pour les effets et une absence de courant pour bien commencer la journée !!! Petit déj dans le noir, puis Caroline passe à la case pour annoncer à Carole qu’elle ne travaillera pas aujourd’hui. En effet, lorsqu’une pluie aussi forte tombe, les mamans ne se déplacent pas jusqu’au centre RBC. Donc nous passons notre matinée cloîtrées dans notre chambre, s’éclairant à la lampe torche et supportant la chaleur présente malgré la pluie, ne pouvant bénéficier des bienfaits du brasseur. Finition de matériels, mémoire pour Carole : quel programme !

14h : Mathilde part au cabinet d’Edith. J’ai pris en charge 3 séances cet après-midi :

- Lina, de mère suisse et de père arabe, avec laquelle j’ai travaillé le vocabulaire et les déterminants un/une, car elle ne fait toujours pas la bonne association.

- William, ayant fait un AVC, a une distractibilité plus qu’impressionnante ! Il lui est réellement impossible de regarder quelque chose pendant plus de 2 secondes ! De plus, son aphasie de Broca persiste et son manque du mot est très important. Il a sans cesse recours aux gestes d’usage ou à la désignation.

- Steven, présentant une retard de langage et de parole, avec qui j’ai joué avec anima’lire, anima’dire, qui l’a bien intéressé et permettant de travailler son articulation. Puis je lui ai proposé des histoires en image à remettre dans l’ordre (3 images car la dernière fois, les 4 images avaient été difficiles). L’exercice est dans l’ensemble réussi, sauf 2 saynètes. Les autres patients ont été suivis par Edith : Sarah (retard de langage et de parole) et William (TED).

Bilan de l’aprèm : c’était vraiment agréable de mettre en pratique mes connaissances, de voir ce dont j’étais capable, si mes idées d’exercice étaient adaptées et pertinentes, bref d’être une ortho !!!

Carole : Après-midi consacrée à la création d’un ensemble de scènes imagées pour développer le langage oral, ainsi qu’à la poursuite du mémoire… En fin d’après-midi, lecture d’articles sur les troubles d’apprentissages sur la plage, et quand même une demi-heure le regard rivé sur l’océan ! Je retrouve « Maman Mathilde » (comme elle s’annonce elle-même) vers 19h30, qui apporte le repas acheté à son retour du cabinet : ananas, oranges, beignets de pâte d’haricot et patates douces frites, noix de coco…

20h30 : préparation des séances de demain, pour la Chrysalide notamment.

 

 18 mai 2010

 

9h20 : Départ en bus (pour changer) vers la Chrysalide, où nous retrouvons Jeanne et Eugénie, et rencontrons Claudine Daizo, membre de l’association OrthoBénin. Puis les enfants arrivent avec Thierry.

Mathilde : je prends en charge Gloria : elle est vraiment très volontaire, s’investit dans la rééducation et n’hésite pas à fournir des efforts pour obtenir le résultat escompté. C’est un vrai plaisir de travailler avec elle. Devant le miroir, je luis propose des praxies, notamment au niveau de la langue qu’elle ne réussit pas à monter (elle produit cependant parfaitement le [t]). Puis on utilise un jeu de discrimination auditive pour travailler à la fois la lecture labiale (Gloria ne regarde pas la personne quand on lui parle) et son articulation des phonèmes [p] et [t]. Puis lecture d’un livre (sa lecture est syllabée à cause de son niveau de lecture où à cause de ses difficultés d’articulation ?) : la prochaine fois, il faudra voir si elle comprend ce qu’elle lit.

Puis je rencontre Nadine, présentant une déficience intellectuelle et ne parlant pas… enfin pas spontanément, car elle répète parfaitement le PATAKA, les mots, les logatomes et les phrases que je lui propose. Elle présent des troubles en compréhension (désignation, ordres simples) et la dénomination est difficile non seulement à cause de son retard intellectuel mais aussi parce qu’elle ne connaît pas assez le français ! Elle ne sait pas lire ni écrire, mais je pense que l’on pourrait essayer de travailler la conversion phonème-graphème, ainsi que l’écriture des chiffres.

L’après-midi, je travaille avec Requis : les stimulations oro-faciales ont été laborieuses, il tournait sans cesse la tête et lorsque je lui demandais de tirer la langue, il me souriait (comme il le fait souvent). Même avec le miel, je n’ai réussi qu’une seule fois à lui faire sortir la langue. J’ai essayé de lui fermer la bouche en stimulant les lèvres, puis en les accolant : au début, il intercale ses dents, puis je réussi à les accoler mais peu de temps, puis après plusieurs essais je garde ses lèvres accolées pendant 5 à 8 secondes. Il produit [aja], que je réussis à lui faire répéter plusieurs fois. Mais aucune production avec d’autres phonèmes. Il est réceptif aux chansons, notamment « meunier tu dors » dans laquelle il rigole quand j’accélère le moulin fait avec mes mains (donc exploiter la gestuelle).

  

Carole : J’effectue tout d’abord le bilan d’Edith, jeune trisomique d’une vingtaine d’années. Malheureusement, elle parle fon essentiellement, sa compréhension et désignation sont bonnes dans cette langue. Disposant d’une bonne préhension fine, elle a aussi une bonne reconnaissance des formes et de bonnes stratégies d’essai-erreur pour l’encastrement. Ses facultés praxiques sont bonnes, se corrélant à une bonne répétition des syllabes (phonème cible en position final difficilement repris cependant), et des mots jusqu’à 3 syllabes.

Puis, je bilante Auguste, déficient intellectuel avec peu de langage en fon, que ce soit en production ou en compréhension. Néanmoins, il dispose d’une bonne reconnaissance de la fonction des objets (images) lui étant présentés. Ses capacités de copies de symboles graphiques sont réelles, que ce soit pour les figures géométriques ou l’écriture. Il connaît la comptine numérique, mais n’associe pas en correspondance terme à terme. Au vu de l’absence de langage français d’Edith et Auguste, je ne travaillerai pas sur ce versant.

 Enfin, j’ai pris en charge Olivia, déjà bilantée l’année passée. Jeanne m’a informé des progrès qu’elle a fait en matière d’entrée en communication, mais elle s’est montrée très timide avec moi. Très intéressée par les livres et les images de dénomination, elle n’a cependant pas desserré les dents. Réceptive aux comptines du schéma corporel, elle a aussi volontiers repris, et initié, des rythmes frappés alternativement sur la table et dans les mains. Nous avons également instauré un tour de rôle par le biais d’un jeu de mémory (reconnaissance et mémorisation spatiale). En ce qui concerne le graphisme, nous avons dessiné une tête de bonhomme, et elle a pu agrandir celle-ci quand je lui ai montré comment faire plus grand. La prochaine fois, nous travaillerons en collaboration avec Jeanne.

 L’après-midi se passe au cabinet d’Edith. Je prends en charge Kamal : désignation, dénomination pure et en situation PACE, échec de la reconnaissance de rimes orales, échec de la syllabation, description d’images (séquentielles) en une phrase simple (répétition) à partir du mot énoncé par Kamal.

Par O'Bénin 2010
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