Un peu d’histoire…
C’est en 1830 qu’apparaît pour le première fois le mot « ORTHOPHONIE », lorsque le Docteur Marc COLOMBAT (1797-1851) crée l’Institut
Orthophonique de Paris.
On y traitait alors des déficiences purement fonctionnelles telles que la surdité, les troubles d’articulation ou le bégaiement.
Il fallut toutefois attendre près de cent ans (1927), et l’exemplaire
détermination de Madame Suzanne Borel-Maisonny, phonéticienne et grammairienne, pour que cette discipline prenne réellement son essor par le biais d’un remaniement de son champ d’application et
notamment par l’indication des bilans et de la rééducation des troubles du langage.
La profession a obtenu son statut légal par la loi du 10 juillet 1964 qui a
institué un diplôme national : le Certificat de Capacité d’Orthophonie (C.C.O.).
Depuis cette date, les orthophonistes figurent, au même titre que six autres professions d’auxiliaires médicaux, au Livre IV du code de la Santé Publique.
L'orthophonie
L'orthophoniste est le professionnel de santé qui assume la responsabilité de la prévention, de l'évaluation, du traitement et de l'étude
scientifique des déficiences et des troubles de la communication humaine et de leurs troubles associés.
Chacun de nous connaît, dans son entourage, des enfants ou des adultes qui sont perturbés dans leur communication parlée ou écrite.
A tous les âges de la vie, l'intéraction communicative peut être perturbée : du petit enfant qui ne parvient pas à construire son langage et sa parole à la personne âgée perturbée
dans sa communication. Or, on sait qu'un trouble de la communication rend difficile ou impossible une bonne insertion scolaire, culturelle, professionnelle et sociale.
Dans ce contexte, l'orthophonie concerne toutes les fonctions associées à la compréhension, à la réalisation et à l'expression du langage oral et écrit, ainsi que toutes les formes de la
communication non verbale.
Les déficiences et les troubles concernent donc autant la parole et le langage, deux des aspects les plus complexes et les plus élaborés des fonctions cérébrales, que la voix, les fonctions
auditives, visuelles, cognitives - incluant l'apprentissage de ces fonctions -, et les habiletés oro-myo-fonctionnelles.
Il s'agit, soit de troubles isolés, soit de troubles complexes dans l'imbrication de plusieurs troubles de la communication ou suite à des syndromes et des handicaps divers.
Les actes d'orthophonie ont pour objet de rétablir les capacités fonctionnelles de la communication, ainsi que de concourir à leur développement ou à leur maintien, et de prévenir toute
altération ou d'y suppléer.
Dans ce but, l'orthophoniste choisit les actes et les techniques qui lui paraissent les plus appropriés à la pathologie et à l'individualité du patient.
A partir d'épreuves spécifiques et d'une observation clinique, l'orthophoniste réalise une évaluation, un diagnostic orthophonique de l'état de toutes les fonctions et de tous les aspects liés
aux altérations et aux compétences de communication du patient, à tous les âges de la vie, en tenant compte de ses besoins et des caractéristiques de son environnement psycho-social, culturel et
économique.
Il intervient par exemple auprès de l'enfant qui ne parvient pas à acquérir la lecture, ou qui ne peut écrire de manière compréhensible, ou encore qui n'accède pas au raisonnement logique,
l'adulte ou l'enfant qui présente un trouble d'articulation, ou un bégaiement, une perturbation de la voix, ou une perte du langage après un accident ou une intervention chirurgicale.
Depuis longtemps les orthophonistes préconisent une intervention précoce pour donner à chacun toutes les chances de mieux communiquer, de mieux vivre.
Les orthophonistes sont formés en quatre années d'études après le baccalauréat, dans les facultés de médecine. Ils exercent en cabinet libéral, dans les hôpitaux et dans les établissements
spécialisés.